DNA DU 18.10.03 

Jeudi, à l'hôtel Wolf, au Markstein, la signature d'un contrat officialisait la décision prise le 3 octobre par le syndicat mixte d'aménagement du massifdu Markstein-Grand Ballon, à savoir la convention de délégation des activités du site du Markstein à un particulier, André Speckbacher, PDG de Markstein-Loisirs.

Ce sont deux enfants du pays, André Speckbacher, et un associé, Jean-Claude Bini, qui ont repris pour une durée de cinq ans renouvelables la gestion de la station du Markstein. Bien connus sur les hauteurs de la station, les deux hommes forment un duo de choc : André Speckbacher, 58 ans, est gérant de la société Markstein Loisirs, une SARL au capital de 75 000 ¤. Il tient l'une des enseignes les plus réputées en France dans le domaine des sports de glisse d'hiver à Bitschwiller-Les-Thann et au Markstein, ainsi qu'un restaurant. Jean-Claude Bini, 56 ans, Soultzien originaire de Guebwiller, y a dirigé l'école de ski de 1988 à 2002. L'homme a été agent de maîtrise chez Peugeot pendant 18 ans et a créé son entreprise de paysagiste sur Mulhouse en 1988. Il était chargé, depuis la reprise de la gestion en régie propre, du patrimoine des remontées mécaniques par le syndicat mixte d'aménagement du Markstein et sera maintenant directeur de la station. Un titre différent pour une fonction identique.

Un rôle à jouer

Ces deux hommes sont tous les deux des passionnés qui ont le goût du risque : « Aujourd'hui, le Markstein a son rôle à jouer dans le domaine des sports de loisirs comme deux ou trois autres stations en Alsace », explique André Speckbacher. « S'il n'y avait pas l'aide du conseil général -qui investira 6 M ¤ dans les cinq ans-, la station serait sur le déclin au profit de nos amis vosgiens mais le pari est risqué. » La société Markstein-Loisirs aura à exploiter les équipements ainsi qu'un bar-restaurant été comme hiver et devra assurer la maintenance, la sécurité, le bon fonctionnement et surtout un enneigement de qualité : « Une priorité pour bien évoluer », relève André Speckbacher. Les recettes de la saison hivernale 2002-2003 s'élèvent à 553 755 ¤ T.T.C. Entouré de ses deux vice-présidents, Annick Lutenbacher, maire de Fellering, et François Grunenberger, maire de Lautenbach-Zell, Etienne Bannwarth, président du syndicat mixte d'aménagement du Markstein-Grand-Ballon, a rappelé que l'exploitant versait une redevance de 10% sur le chiffre d'affaires.

Virginie Pruvot


Markstein : un nouveau départ
La station du Markstein va repartir. Après la menace de fermeture du site, après la prise en charge des installations par un Syndicat mixte spécialement créé pour permettre la poursuite de l'activité hivernale, une nouvelle étape vient d'être franchie. André Speckbacher va signer une convention avec le Syndicat mixte du Markstein-Grand Ballon. Il rachète le matériel roulant, les scooters de neige, l'outillage de maintenance, embauche le personnel nécessaire pour assurer le bon fonctionnement de la station de sports d'hiver. Il prendra également en charge toutes les taxes professionnelles et frais de fonctionnement. Il mettra dans la corbeille un capital de 76000 euros pour faire face aux dépenses de chauffage, de gasoil, etc., et reversera une quote part de son chiffre d'affaires au Département du Haut-Rhin. De son côté, le Département rénovera les installations, achètera des canons à neige pour la montée de la piste fédérale, remplacera le téléski de la piste Grenouillère, entreprendra des travaux divers comme le drainage du Steinlebach. Aucun particulier ne peut en effet assumer de telles charges : un télésiège coûte au minimum 2 millions d'euros, le remplacement d'un téléski revient à environ 229000 euros. « Un chiffre d'affaires de 457000 à 762000 euros ne dégage pas assez de capacités pour réaliser de tels investissements, estime André Speckbacher.

Réaliser l'équilibre financier

André Speckbacher et Jean-Claude Bini, futur directeur de l'exploitation, actionnaire de « Markstein Loisirs », se disent confiants. « Ce sera une année de transition, nous serons à l'écoute de toutes les propositions, explique André Speckbacher. Pas question de laisser filer le Markstein qui, pour moi, est un nom presque mythique. C'est un produit passionnant et nous sommes convaincus que nous pouvons développer le site. À condition de s'entourer d'un personnel compétent, amoureux du site. » Pour faire marcher les téléskis, « Markstein Loisirs » a plusieurs projets, dont le plus ambitieux est de faire progresser le ski scolaire de 25 %. Car la station doit attirer les amoureux de sports d'hiver si elle veut survivre et se développer. Un chiffre d'affaires en hiver d'environ 382000 euros permettrait juste de réaliser l'équilibre. Mais comme dit si bien André Speckbacher : « J'ai la foi?» Il ne reste plus qu'à lui souhaiter « bon schuss ». Comme à tous les skieurs d'ailleurs qui affectionnent ce site vosgien.

Ursula Da Gai-Laurent


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