ALSACE DU 6.3.2004

Le ski à la loupe

Le Haut-Rhin se dote d'un observatoire du tourisme et des loisirs d'hiver. Objectif : constituer un tableau de bord économique de ces activités dans les Vosges.
En raison d'une météo maussade et froide le week-end, la saison de ski en cours ne comptera pas parmi les best sellers du Massif des Vosges. Ouverte dès le 15 décembre 2003 sur certains sites, elle n'en marque pas moins « une relative stabilité » de l'activité touristique et ludique hivernale. C'est le constat que vient d'établir, à titre de premier bilan conjoncturel, l'ADT 68. L'Association départementale du tourisme du Haut-Rhin a présenté à l'Auberge des Crêtes, située au col du Calvaire, les objectifs et les résultats de départ de la nouvelle mission que vient de lui confier le conseil général, en appui de sa politique d'aménagement hivernal : constituer un tableau de bord économique du tourisme et des loisirs d'hiver. Un « véritable outil de mesure de l'impact des politiques publiques et donc des financements affectés aux projets départementaux », considèrent Francis Demuth et Jean Klinkert, président et directeur de l'association.
Le baromètre de la fréquentation
Sans attendre, un comité de suivi a été mis en place. Un cabinet d'études — EB Conseil — a été choisi pour définir la méthodologie d'observation. Et les relais se sont mis au travail. Du lac Blanc au Ballon d'Alsace en passant par le Markstein et le Schnepfenried, les premiers chiffres sont « tombés » sur la fréquentation de ces quatre sites classés d'intérêt départemental, les premiers à se voir appliquer les critères d'évaluation. Ainsi sait-on que 55 % des skieurs du lac Blanc viennent d'Alsace, 10 % des Vosges et que la première clientèle étrangère est belge. Dans la vallée de Munster, le ski de fond draine une clientèle essentiellement locale au Schnepfenried et principalement scolaire aux Trois-Fours, la « réserve de neige » des Vosges haut-rhinoises. Au Ballon d'Alsace les navettes depuis Mulhouse et Belfort sont fréquentées par une clientèle familiale, surtout branchée ski alpin. Quant au Markstein, les comptages parkings menés en janvier et février font ressortir une fréquentation de proximité, à majorité haut-rhinoise (80 %), devant le Bas-Rhin et le Territoire de Belfort. « Parmi la clientèle de séjour, la région parisienne arrive en tête, suivie par la clientèle du Nord », précise Annick Lutenbacher, en relevant l'intérêt de ce « baromètre » tendanciel et la « nécessité d'aller plus loin dans la démarche ». Un souci partagé par le directeur de l'ADT, qui a même regretté « à titre d'autocritique que cet outil n'ait pas été mis en place plus tôt ». La cohérence et la pertinence de la politique haut-rhinoise, qui comprend également un volet estival (lequel sera examiné par l'observatoire à partir de 2005), n'en sont pas moins confortés par une fréquentation hivernale jugée « comme bonne et plutôt bonne » par 24 responsables de site ou d'activité interrogés début mars. C'est encore une fois la « grande stabilité » du domaine skiable qui ressort de ce tour d'horizon, avec de « 75 à 100 % » d'infrastructures opérationnelles depuis le début de la saison. Qui n'est pas terminée…
Lucien Naegelen


Hervé Kielwasser Au lac Blanc, 55 % des skieurs viennent d'Alsace, 10 % des Vosges et la première clientèle étrangère est… belge.


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