| Le
ski à la loupe
Le Haut-Rhin se
dote d'un observatoire du tourisme et des loisirs d'hiver. Objectif
: constituer un tableau de bord économique de ces activités
dans les Vosges.
En raison d'une météo maussade et froide le week-end,
la saison de ski en cours ne comptera pas parmi les best sellers du
Massif des Vosges. Ouverte dès le 15 décembre 2003 sur
certains sites, elle n'en marque pas moins « une relative stabilité
» de l'activité touristique et ludique hivernale. C'est
le constat que vient d'établir, à titre de premier bilan
conjoncturel, l'ADT 68. L'Association départementale du tourisme
du Haut-Rhin a présenté à l'Auberge des Crêtes,
située au col du Calvaire, les objectifs et les résultats
de départ de la nouvelle mission que vient de lui confier le
conseil général, en appui de sa politique d'aménagement
hivernal : constituer un tableau de bord économique du tourisme
et des loisirs d'hiver. Un « véritable outil de mesure
de l'impact des politiques publiques et donc des financements affectés
aux projets départementaux », considèrent Francis
Demuth et Jean Klinkert, président et directeur de l'association.
Le baromètre de la fréquentation
Sans attendre, un comité de suivi a été mis en
place. Un cabinet d'études — EB Conseil — a été
choisi pour définir la méthodologie d'observation. Et
les relais se sont mis au travail. Du lac Blanc au Ballon d'Alsace en
passant par le Markstein et le Schnepfenried, les premiers chiffres
sont « tombés » sur la fréquentation de ces
quatre sites classés d'intérêt départemental,
les premiers à se voir appliquer les critères d'évaluation.
Ainsi sait-on que 55 % des skieurs du lac Blanc viennent d'Alsace, 10
% des Vosges et que la première clientèle étrangère
est belge. Dans la vallée de Munster, le ski de fond draine une
clientèle essentiellement locale au Schnepfenried et principalement
scolaire aux Trois-Fours, la « réserve de neige »
des Vosges haut-rhinoises. Au Ballon d'Alsace les navettes depuis Mulhouse
et Belfort sont fréquentées par une clientèle familiale,
surtout branchée ski alpin. Quant au Markstein, les comptages
parkings menés en janvier et février font ressortir une
fréquentation de proximité, à majorité haut-rhinoise
(80 %), devant le Bas-Rhin et le Territoire de Belfort. « Parmi
la clientèle de séjour, la région parisienne arrive
en tête, suivie par la clientèle du Nord », précise
Annick Lutenbacher, en relevant l'intérêt de ce «
baromètre » tendanciel et la « nécessité
d'aller plus loin dans la démarche ». Un souci partagé
par le directeur de l'ADT, qui a même regretté «
à titre d'autocritique que cet outil n'ait pas été
mis en place plus tôt ». La cohérence et la pertinence
de la politique haut-rhinoise, qui comprend également un volet
estival (lequel sera examiné par l'observatoire à partir
de 2005), n'en sont pas moins confortés par une fréquentation
hivernale jugée « comme bonne et plutôt bonne »
par 24 responsables de site ou d'activité interrogés début
mars. C'est encore une fois la « grande stabilité »
du domaine skiable qui ressort de ce tour d'horizon, avec de «
75 à 100 % » d'infrastructures opérationnelles depuis
le début de la saison. Qui n'est pas terminée…
Lucien Naegelen

Hervé Kielwasser Au lac Blanc, 55 % des
skieurs viennent d'Alsace, 10 % des Vosges et la première clientèle
étrangère est… belge.
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