| Dans
les stations de ski des Vosges, le blanc était d'or
La Bresse sera la dernière des stations de sports d'hiver à
fermer ce soir dans le massif des Vosges. Premier bilan de cette saison,
qui est déjà terminée dans les autres stations :
cet hiver a été encore meilleur que le précédent,
lequel était déjà très bon. L'or blanc a été
moins abondant que l'an passé, mais la saison a démarré
plus tôt pour les skieurs. C'est ainsi que la station du Lac Blanc
a été la première à ouvrir le 15 décembre.
Certes, janvier a connu des périodes exécrables. Celles-ci
ont cependant été compensées par un mois de février
parfait. Il reste à fidéliser les skieurs alpins au mois
de mars, où traditionnellement la fréquentation baisse.

Au Markstein, comme dans d'autres stations, les
familles ont profité en nombre de la neige.
Denis
Sollier
Une
saison sur les spatules Les skieurs viennent de connaître coup sur
coup deux bons hivers… qui n'ont pas profité qu'aux grandes
stations.
Dans les Vosges, les saisons de ski, même les meilleures, se suivent
et ne se ressemblent pas. L'hiver 2002-2003 se caractérisait par
un excellent enneigement et de bonnes conditions météo mais
un démarrage tardif. Celui qui vient de s'achever a démarré
plus tôt (dès le 15 décembre au Lac Blanc, la première
station à ouvrir), a duré un peu plus longtemps (La Bresse
est la dernière à fermer ce dimanche 4 avril) mais a connu
quelques caprices climatiques.
Un hiver meilleur… que meilleur
« Certains dimanches, se souvient Jean-Luc Guerrier, directeur de
La Bresse-Hohneck, nous avons souffert du mauvais temps, avec des tempêtes
de neige qui nous ont empêchés d'ouvrir les pistes avant
13h ». Ce que confirme Annick Lutenbacher à l'Association
départementale du tourisme du Haut-Rhin : « Des week-ends
ont été difficiles en janvier. Mais février, d'après
les premiers retours du tableau de bord économique qui vient d'être
mis en place, a été parfait ». Résultat : une
excellente saison de ski de part et d'autre des Vosges, « meilleure
encore, indique Etienne Perrin, directeur de la société
Lac Blanc Tonique, que la précédente qui était pourtant
déjà… la meilleure ». On a skié dans
le massif du Bonhomme jusqu'au dernier dimanche de mars, puis les remontées
se sont mises à l'arrêt. « Pas par manque de neige,
précise M. Guerrier, mais par manque de clients ». Le responsable
du Lac Blanc — où un important programme d'investissements
doit être entrepris cette année — a vu la fréquentation
grimper d'une bonne dizaine de points. Etienne Perrin a par ailleurs été
surpris du vaste secteur de chalandise de la station, qui va de la proche
région au Doubs et au Jura.
Le record à 9000 skieurs par jour
Côté… vosgien des Vosges, Jean-Luc Guerrier a le moral
au beau fixe. « La météo nous a certes fait perdre
deux-trois bonnes journées de ski qui auraient fait exploser les
chiffres, commente le directeur de la première station du Grand-Est.
Mais le bilan est bon. Nous avons fait la plus grosse journée à
9000 skieurs. Et le système de forfaits par Internet et par téléphone
a connu un début prometteur ». Ce qui le conduit à
dire : « Tout a été un peu mieux que l'an dernier
». Moralité : « Après deux bonnes saisons, on
investit ». Dans le remplacement des bâtiments du Slalom.
Dans l'entretien des pistes et des locaux ainsi que dans l'amélioration
de la production de neige de culture, dont la capacité horaire
va passer de 200 m3 à 300. Mais on investit aussi dans l'optimisme.
Dans le groupe Remy Loisirs, il y a de quoi : l'année n'a pas été
bonne que dans le fief vosgien de Jean-Marie et Jean-Yves Remy. Toutes
les quatre stations reprises dans les Alpes, et jusqu'à la petite
dernière à Orcières-Merlette, sont en progression.
Du coup, la question vient naturellement à l'esprit : à
quand la prochaine acquisition ?
Lucien Naegelen

Hervé Kielwasser: Les tempêtes de janvier
ont eu peu d'incidence sur la fréquentation, globalement en hausse.
Comme ici au Lac Blanc.
Remy : l'effet boule de neige
Né en 1967, le groupe vosgien Remy Loisirs a débarqué
dans les Alpes en 1995. Jean-Marie Remy et son fils Jean-Yves ont d'abord
racheté la station mauriennaise de Saint-François-Longchamp.
Le Val d'Allos dans les Alpes de Haute-Provence, Crest Voland en Savoie
et Orcières-Merlette dans les Hautes-Alpes se sont rajoutés
depuis. « Aujourd'hui la galaxie Remy Loisirs emploie 930 personnes,
dont 200 salariés permanents et 730 saisonniers. En 2002-2003 le
chiffre d'affaires était de 24,5 millions d'euros dont 75 % dans
les remontées mécaniques », indique-t-on au siège
du groupe qui a été transféré de La Bresse
dans les Vosges à Montmélian/Francin en Savoie. Du coup,
La Bresse-Hohneck qui est le berceau de cette success story en blanc n'est
plus qu'un élément dans l'ensemble. Les trente pistes de
La Bresse-Hohneck plus les six de la Schlucht/Le Collet n'en font pas
moins de ces deux sites le plus grand domaine skiable du Nord-Est de la
France avec 5,1 millions d'euros de chiffre d'affaires en 2003, 305000
journées/skieurs, 4,4 millions de passages aux remontées
mécaniques et 19 hectares couverts par des canons à neige.
Des chiffres clés pour un regret : Remy père et fils n'ont
toujours pas réussi à relier entre eux les deux domaines…
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