ALSACE DU 4.2.2004

Neige : s'il en reste

Le subit redoux, après les dernières chutes de neige, met les exploitants de stations de ski à rude épreuve. Tous espèrent qu'on pourra skier pendant les vacances scolaires d'hiver.
Après quelques années mouvementées, pour des raisons administratives et juridiques, l'exploitation de la station du Markstein doit retrouver une certaine stabilité. Le virage semble avoir bien été négocié, entre la gestion en régie, l'an dernier, et l'exploitation par une société privée, la SARL Markstein Loisirs, dirigée par André Speckbacher, gérant, avec pour associé Jean-Claude Bini, responsable de la station. Mais, comme toujours en montagne, c'est la météo qui décide. À part quelques exceptions, l'équipe d'exploitation a peu changé, par rapport à l'hiver dernier. Sur le terrain, on retrouve les mêmes têtes, aux mêmes postes. Pour le nouvel exploitant, la gestion est plus aisée qu'avec le système de la régie, avec sa comptabilité publique, peu adaptée à cet exercice. Les installations, téléskis et enneigement artificiel, restent propriété du Syndicat mixte Markstein — Grand Ballon, tandis que le matériel roulant (dameuses et motos neige) a été racheté par l'exploitant, qui gère les remontées mécaniques, entretient les pistes, organise la production de neige artificielle et exploite le Nocturne bar. En contrepartie du droit d'exploiter les installations, il reverse une redevance au Syndicat mixte, à hauteur de 10 % du chiffre d'affaires annuel, à laquelle s'ajoute 5 % du CA, en droits d'entrée, plus une taxe de 3 % des recettes brutes, pour les communes d'Oderen et Fellering.
Trop de neige…
Pour faire fonctionner la station, la société Markstein Loisirs emploie quatre permanents : Jean-Claude Bini, responsable général, Jean-Martin Ruhland et Nicolas Grob, responsables des installations et des pistes, et Sandra Gross, caissière. À ce personnel, s'ajoute toute une équipe de saisonniers et vacataires, pisteurs secouristes, perchmen, cuisinier, etc. Contrairement à l'hiver dernier, la station a pu ouvrir pour les vacances scolaires de Noël. La couche n'était pas très épaisse, mais la neige était bien là, pour l'ouverture de la saison. Aujourd'hui, la neige est abondante, ce qui pose d'ailleurs d'autres problèmes, notamment sur la route. « La saison dernière, la neige était tombée début janvier, le dernier jour des vacances scolaires. Si nous bénéficions des mêmes conditions que l'an dernier pour les vacances de carnaval, ce sera parfait, avec de la neige, du froid et du soleil », relève le responsable de la station Jean-Claude Bini, qui est inquiet quand il entend parler de redoux. En ce qui concerne le ski de fond, malgré un enneigement abondant, il n'a pas été possible d'ouvrir entièrement le domaine nordique, pour une raison de sécurité. En effet, le pisteur-secouriste chargé du secteur Markstein — Schnepfenried avait encore quelques examens complémentaires à passer, ce qui doit être fait ces jours-ci. Actuellement seul le secteur Markstein — Grand Ballon est tracé et ouvert au public. Par ailleurs, des pourparlers sont en cours pour que le responsable du damage du Schnepfenried prolonge son secteur en direction du Markstein, pour réduire la distance effectuée par le Markstein, dont l'engin doit aller également jusqu'au Grand Ballon, soit un secteur total de 70 km.

Jean-Michel Cuenot

 


Photos Jean-Michel Cuenot Jean-Claude Bini (à gauche), responsable de la station du Markstein, en conversation avec Bernard Brechbiehl, le nouveau directeur de l'École de ski (au centre) et l'un des moniteurs.


Une restructuration globale

Au Markstein, on attend avec impatience les conclusions des trois études en cours, concernant le domaine skiable, l'impact paysager et la maison d'accueil. Cette réflexion, qui associe les habitants et les professionnels de la station, est menée par un cabinet grenoblois et par l'Adauhr (Agence de développement, d'aménagement et d'urbanisme du Haut-Rhin), émanation du conseil général. Les conclusions devraient être connues au printemps et tenir compte des projets déjà engagés, comme la construction de nouveaux téléskis à la Fédérale et à la Grenouillère, ainsi que l'installation de canons à neige et de l'éclairage sur le stade de slalom. La modernisation de la station s'appuie sur une réflexion globale, qui intègre tous les paramètres : centre de la station, parkings, desserte des établissements, cheminements piétonniers harmonisation des activités, en hiver comme en été (ski alpin, ski de fond, snowboard, saut à ski, raquettes, luge, randonnée, VTT, vol libre, bob luge, mini golf, trampoline, etc.).
Le bâtiment « Touristra » en question
La réflexion s'intéresse au projet de construction d'un télésiège, avec son impact paysager, aux liaisons entres les pistes et les services et à l'extension du réseau d'enneigement artificiel. Elle devra aussi prendre en compte l'existence de l'ancien bâtiment Touristra, fermé depuis des années, avec l'importante emprise de ses terrains. La perspective d'acquisitions foncières ouvrirait de nouvelles possibilités de développement. En raison du prix, seule une collectivité territoriale (comme le conseil général, avec des aides éventuelles) pourrait réaliser cette acquisition. Or, compte tenu de l'enveloppe importante déjà consacrée par le Département au profit de la montagne, il ne sera certainement pas facile de convaincre certains élus de la plaine et des villes…
Le Grand Ballon aussi
Dans les 6 millions d'euros consacrés par le conseil général au Syndicat mixte Markstein — Grand Ballon, il convient d'englober des aménagements à réaliser au Grand Ballon, où la concession arrive à échéance le 31 décembre 2004. La commune de Soultz, sur laquelle se situe la station, a confié sa compétence à la communauté de communes de la région de Guebwiller, qui, à son tour, l'a transférée au Syndicat mixte Markstein — Grand Ballon. Une nouvelle délégation de service public devra être engagée, pour être prêt en fin d'année, au moment du renouvellement de la concession, puis pour la gestion future du domaine skiable. En plus de l'organisation des loisirs au Grand Ballon, il faudra prendre en compte les accès à la station. En hiver, un seul accès est possible, par la vallée de Saint-Amarin, via Willer-sur-Thur et Goldbach, ce qui oblige les amateurs de montagne et de sports d'hiver de la vallée de Guebwiller et de la plaine à effectuer un important détour, alors que la station se trouve en grande partie sur le ban communal de Soultz.
J-M.C.


L'avenir de la maison d'accueil du Markstein, sous sa forme actuelle, figure notamment au centre des études sur la restructuration de la station.


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