| Markstein
: tension sur la route
La neige continue de poser de gros problèmes dans la montée
du Markstein, côté Guebwiller. Sans chaînes, on ne
monte pas !
La tension est réelle entre les autorités, les usagers skieurs
et les exploitants de la station du Markstein. D'un côté,
l'Équipement et la gendarmerie appliquent à la lettre la
législation (chaînes obligatoires) et de l'autre on a le
sentiment d'être victimes d'un excès de zèle. L'origine
du conflit remonte à dimanche dernier, au pied du Markstein, à
la sortie de Linthal. En début de matinée, plusieurs automobilistes
sont en difficulté et se mettent en travers de la route. Compte
tenu du trafic en direction de la station de ski, l'incident se transforme
vite en pagaille générale. Alertés, les services
de l'Équipement font appel aux gendarmes. Une patrouille du poste
de secours du Markstein se rend alors sur les lieux et s'installe sur
l'aire de chaînage, interdisant l'accès à la station
aux automobilistes qui ne disposent pas de chaînes sur leur voiture.
Ainsi, même équipé de pneus neige, ou au volant d'un
véhicule à quatre roues motrices, on ne passe pas !
Demi-tourPendant pratiquement toute la matinée, on assiste à
un balai de voitures qui font demi-tour. Certains regagnent le Markstein
par Kruth et la vallée de Saint-Amarin (où la pente est
moins raide), d'autres tentent leur chance vers une autre station de sports
d'hiver et enfin certains rentrent carrément chez eux, dépités.
Quant aux plus prévoyants, ils montent leurs chaînes et poursuivent
leur chemin. Plusieurs employés de la station, des moniteurs de
ski, des compétiteurs qui participaient à des épreuves,
sont contraints de « faire le tour » par Kruth, couvrant ainsi
un détour d'une soixantaine de kilomètres. Du côté
des gendarmes, le discours est clair : « Nous appliquons l'arrêté
préfectoral. » Quand le panneau « Chaînes obligatoires
» est en place, il faut s'y conformer.
Gravillonnage insuffisantLe choix du panneau est décidé
par l'Équipement, en fonction de l'état de la route et des
conditions météo. Si les conditions sont jugées difficiles
il faut des chaînes, sinon, un autre panneau remplace le précédent,
avec comme indication : « Pneus neige admis. » Certains automobilistes
estiment que le gravillonnage était insuffisant, car sur le versant
guebwillérois, il n'est pas possible d'utiliser du sel, en raison
des captages d'eau. Pour sa part, la société qui exploite
la station et les différents professionnels du Markstein estiment
avoir perdu ce jour-là entre 200 et 300 clients potentiels. Un
manque à gagner difficile à accepter dans un contexte économique
délicat pour la station, qui vient de changer d'exploitant et qui
est en phase de reconquête. Ces professionnels comprennent mal que
d'un côté on investisse des sommes importantes d'argent public
en faveur du développement de la station — 6 millions d'euros
en cinq ans — et que de l'autre les clients ne peuvent accéder
à la station. Il est vrai que la sécurité n'a pas
de prix et que les automobilistes ont souvent un comportement coupable,
voire inconscient. En effet, comment peut-on s'engager en montagne actuellement
avec des pneus d'été ? En tous cas, une entrevue doit avoir
lieu aujourd'hui entre la gendarmerie et François Grunenberger,
représentant le syndicat mixte Markstein-Grand Ballon pour trouver
un compromis. Si aucune solution n'est trouvée, il sera encore
impossible de monter au Markstein sans chaînes.
Jean-Michel Cuenot
Le « panneau
qui fâche », dans la montée du Markstein, à
la sortie de Linthal : tantôt les chaînes sont obligatoires,
tantôt les pneus neige sont suffisants.
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