Une convention pour l’arnica, plante
choyée du sommet
L’arnica, plante aux multiples usages, est l’une des grandes
richesses de la flore du Markstein. Une convention pour la cueillette
et la protection de ce trésor végétal a récemment
été signée au Treh.
Les hautes chaumes du Markstein sont le site de cueillette d’arnica
le plus important de France. Et peut-être même d’Europe.
Depuis plus d’une vingtaine d’années, des cueilleurs
spécialisés, travaillant pour des laboratoires pharmaceutiques
de toute la France, y prélèvent tous les ans plusieurs tonnes
de plantes d’arnica, entières ou au détail. Cette
pratique de la cueillette vient de faire l’objet d’une convention
originale et inédite. Convention signée la semaine dernière
par plusieurs partenaires accueillis à la ferme du Treh par Jean-Paul
Deybach.
Le document cosigné a été élaboré pendant
trois ans, sous la houlette de l’Avem, l’Association vosgienne
d’économie montagnarde. Il a été paraphé
par les communes de Ranspach, Fellering et Oderen, le Syndicat mixte d’aménagement
du Markstein Grand Ballon, le Parc naturel régional des Ballons
des Vosges et l’Avem qui représente les laboratoires et les
cueilleurs de la filière arnica engagés dans la démarche.
« L’arnica est fragile et ne se cultive pas. Partout où
elle ne pousse plus, elle ne revient pas »
Le président de l’Avem, Dominique Peduzzi, a indiqué
que cette convention implique plusieurs autres partenaires : les agriculteurs
recensés sur le site (et évidemment concernés au
premier chef par la cueillette et par la pérennisation de l’arnica),
la ligue d’Alsace de vol libre, la Brigade verte, l’ONF, l’ONCFS,
la gendarmerie. Le président de l’Avem a aussi rappelé
que « l’arnica est fragile et ne se cultive pas. Partout où
elle ne pousse plus, elle ne revient pas. Même dix ans après
!»
La convention signée précise les engagements et les devoirs
de chacun des partenaires et définit les limites des zones de cueillette.
Elle a été mise en place à la suite de l’alerte
lancée par les cueilleurs qui constataient, au fil des ans, la
diminution de la zone de floraison de l’arnica. L’Avem a alors
rassemblé les données des communes (qui délivrent
les autorisations annuelles de cueillette), et s’est rendue sur
le terrain pour discuter avec les cueilleurs… Le but était
de mobiliser les participants à travailler ensemble pour démontrer
qu’une filière économique était possible, que
la cueillette de l’arnica représentait une véritable
activité.
Des contacts ont ensuite été pris avec les communes, le
syndicat mixte et les différents acteurs du site afin de trouver
un consensus pour que la zone arnica ne disparaisse pas. Il y a aussi
des enjeux économiques locaux et en terme de biodiversité.
« Cette convention, discutée de manière ouverte et
libre, engage chacun de manière forte. Comme tout contrat entre
plusieurs personnes, elle devient un engagement formel. Si elle n’est
pas respectée, la justice peut contraindre les différents
acteurs directs ou indirects à la respecter. Cette journée
de signature est importante et capitale. C’est une journée
de prise de conscience », a souligné Dominique Peduzzi.
Albert Mura

Une convention a récmment été signée à
la ferme auberge du Treh, sur le site du Markstein, afin que la zone de
cueillette d’arnica ne disparaisse pas. Photo A.M.
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