ALSACE DU 26.6.2007


Une convention pour l’arnica, plante choyée du sommet

L’arnica, plante aux multiples usages, est l’une des grandes richesses de la flore du Markstein. Une convention pour la cueillette et la protection de ce trésor végétal a récemment été signée au Treh.
Les hautes chaumes du Markstein sont le site de cueillette d’arnica le plus important de France. Et peut-être même d’Europe. Depuis plus d’une vingtaine d’années, des cueilleurs spécialisés, travaillant pour des laboratoires pharmaceutiques de toute la France, y prélèvent tous les ans plusieurs tonnes de plantes d’arnica, entières ou au détail. Cette pratique de la cueillette vient de faire l’objet d’une convention originale et inédite. Convention signée la semaine dernière par plusieurs partenaires accueillis à la ferme du Treh par Jean-Paul Deybach.
Le document cosigné a été élaboré pendant trois ans, sous la houlette de l’Avem, l’Association vosgienne d’économie montagnarde. Il a été paraphé par les communes de Ranspach, Fellering et Oderen, le Syndicat mixte d’aménagement du Markstein Grand Ballon, le Parc naturel régional des Ballons des Vosges et l’Avem qui représente les laboratoires et les cueilleurs de la filière arnica engagés dans la démarche.
« L’arnica est fragile et ne se cultive pas. Partout où elle ne pousse plus, elle ne revient pas »
Le président de l’Avem, Dominique Peduzzi, a indiqué que cette convention implique plusieurs autres partenaires : les agriculteurs recensés sur le site (et évidemment concernés au premier chef par la cueillette et par la pérennisation de l’arnica), la ligue d’Alsace de vol libre, la Brigade verte, l’ONF, l’ONCFS, la gendarmerie. Le président de l’Avem a aussi rappelé que « l’arnica est fragile et ne se cultive pas. Partout où elle ne pousse plus, elle ne revient pas. Même dix ans après !»
La convention signée précise les engagements et les devoirs de chacun des partenaires et définit les limites des zones de cueillette. Elle a été mise en place à la suite de l’alerte lancée par les cueilleurs qui constataient, au fil des ans, la diminution de la zone de floraison de l’arnica. L’Avem a alors rassemblé les données des communes (qui délivrent les autorisations annuelles de cueillette), et s’est rendue sur le terrain pour discuter avec les cueilleurs… Le but était de mobiliser les participants à travailler ensemble pour démontrer qu’une filière économique était possible, que la cueillette de l’arnica représentait une véritable activité.
Des contacts ont ensuite été pris avec les communes, le syndicat mixte et les différents acteurs du site afin de trouver un consensus pour que la zone arnica ne disparaisse pas. Il y a aussi des enjeux économiques locaux et en terme de biodiversité. « Cette convention, discutée de manière ouverte et libre, engage chacun de manière forte. Comme tout contrat entre plusieurs personnes, elle devient un engagement formel. Si elle n’est pas respectée, la justice peut contraindre les différents acteurs directs ou indirects à la respecter. Cette journée de signature est importante et capitale. C’est une journée de prise de conscience », a souligné Dominique Peduzzi.

Albert Mura


Une convention a récmment été signée à la ferme auberge du Treh, sur le site du Markstein, afin que la zone de cueillette d’arnica ne disparaisse pas. Photo A.M.


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