ALSACE DU 24.8.2004

LA ROUTE DES CRÊTES MOINS COURUE


La fréquentation des sommets vosgiens et de la Route des crêtes est en net recul, selon un hôtelier du Markstein qui évalue la baisse du passage à 20 % par rapport à l'an dernier. 2003 avait été faste pour les crêtes : la canicule avait poussé vers la montagne une foule d'estivants et de promeneurs en quête de fraîcheur. La Route des crêtes est parcourue par les marcheurs, les motocyclistes, les cyclotouristes. Beaucoup d'entre eux viennent de Belgique ou des Pays-Bas. Les touristes du Nord de l'Europe en route pour la Méditerranée sont nombreux à musarder sur les chaumes. L'an passé, l'activité avait commencé dès juin alors que l'été 2004 se présente plutôt terne. Les séjours longs se font rares. Signe des temps, les voyageurs se passent de réservation ; ils se présentent à la réception de l'hôtel en fin de journée, quasi-assurés de trouver une chambre sans difficulté.
Hervé Kielwasser
La fraîcheur des sommets vosgiens a moins attiré qu'en 2003.Leproduit « Alsace » sur le marché L'économie touristique alsacienne a beaucoup évolué depuis vingt ans. Le nouveau défi est celui d'une clientèle plus volatile et moins dépensière que jadis.
Les attentes et comportements des touristes évoluent, l'offre touristique alsacienne doit s'adapter en conséquence. C'est, en résumé, l'avis de Jean Klinkert, directeur de l'association départementale du tourisme du Haut-Rhin qui observe – et agit – depuis une vingtaine d'années dans ce secteur. L'offre s'est adaptée en volume face à une fréquentation qui a été multipliée par deux en deux décennies. L'hôtellerie alsacienne est passée d'une capacité de 5482 chambres en 1983 à 9300 chambres en 2003. Les gîtes ruraux et les chambres d'hôtes, au nombre de 833 en 1993, sont aujourd'hui 1172. Le tourisme en Alsace est donc bel et bien en croissance. Il est d'ailleurs l'un des rares secteurs économiques créateurs net d'emplois dans la région.
Réservations en ligne
L'adaptation se fait également face à la fréquentation saisonnière. Déjà, les taux d'occupation hôteliers les plus élevés de l'année sont ceux de la fin de l'année, marchés de Noël aidant… « Juillet et août ne sont plus les périodes de pic, explique Jean Klinkert. L'activité s'étale tout au long de l'année et la saison estivale va de Pâques à fin octobre. » La clientèle se fait plus mobile, effectue des réservations pour des durées courtes, souvent au dernier moment. Un nomadisme constaté autant par les hébergeurs individuels, les gérants de camping que par les hôteliers de montagne. Adaptation encore face aux nouvelles technologies : pour sa première année, le site de réservation en ligne de l'ADT du Haut-Rhin est un succès. 35 % des réservations de chambres chez l'habitant (gîtes) ont été passées par internet. « Le site est accessible 24 heures sur 24 ; il permet d'augmenter l'amplitude de l'activité et favorise les réservations de dernière minute ». Adaptation toujours dans les types de produits offerts. L'Alsace attirerait d'abord un tourisme de personnes âgées… « Excellent pour l'hôtellerie 3 et 4 étoiles et pour la restauration gastronomique ! », s'exclame Jean Klinkert. Le patron de l'ADTsouligne l'apparition de nouveaux produits : la résidence hôtelière Odalys de Mooslargue avec ses 75 appartements en location saisonnière correspond aux standards internationaux requis par les tours opérateurs. L'hébergement en chalets de bois, comme à Seppois-le-Bas, Kruth ou Metzeral, satisfait aussi un marché croissant, celui des « habitations légères de loisirs ».
Le poids des événements
L'attractivité de l'Alsace se joue tous les jours face aux autres régions touristiques, proches ou lointaines. L'envers de la médaille, la cohue sur certains sites, les rassemblements motorisés de la Route des crêtes, les fermes-auberges encombrées, peut être atténué par un marketing bien pensé, une modulation des prix encourageant à voyager en dehors des week-ends de grande presse par exemple… Enfin, l'économie touristique alsacienne, constate Jean Klinkert, est dopée par les grands événements, les Semaine fédérale du cyclotourisme de Cernay, parade automobile de Mulhouse, fête médiévale de Ferrette, festivals de musique de Colmar, Guebwiller ou Ribeauvillé… « Il faut se réjouir du soutien qu'apportent les villes à ces événements qui, parce qu'ils reposent sur les notions de culture, de nature et de gastronomie, vont bien à l'Alsace ».
Alexandre Marini
Alexandre Marini Début août à Cernay, la 66e édition de la Semaine fédérale de cyclotourisme a dopé l'activité touristique, avec ses 13 000 participants.


Début août à Cernay, la 66e édition de la Semaine fédérale de cyclotourisme a dopé l'activité touristique, avec ses 13 000 participants.


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