LA
ROUTE DES CRÊTES MOINS COURUE
La fréquentation des sommets vosgiens et de la Route des crêtes
est en net recul, selon un hôtelier du Markstein qui évalue
la baisse du passage à 20 % par rapport à l'an dernier.
2003 avait été faste pour les crêtes : la canicule
avait poussé vers la montagne une foule d'estivants et de promeneurs
en quête de fraîcheur. La Route des crêtes est parcourue
par les marcheurs, les motocyclistes, les cyclotouristes. Beaucoup d'entre
eux viennent de Belgique ou des Pays-Bas. Les touristes du Nord de l'Europe
en route pour la Méditerranée sont nombreux à musarder
sur les chaumes. L'an passé, l'activité avait commencé
dès juin alors que l'été 2004 se présente
plutôt terne. Les séjours longs se font rares. Signe des
temps, les voyageurs se passent de réservation ; ils se présentent
à la réception de l'hôtel en fin de journée,
quasi-assurés de trouver une chambre sans difficulté.
Hervé Kielwasser
La fraîcheur des sommets vosgiens a moins attiré qu'en 2003.Leproduit
« Alsace » sur le marché L'économie touristique
alsacienne a beaucoup évolué depuis vingt ans. Le nouveau
défi est celui d'une clientèle plus volatile et moins dépensière
que jadis.
Les attentes et comportements des touristes évoluent, l'offre touristique
alsacienne doit s'adapter en conséquence. C'est, en résumé,
l'avis de Jean Klinkert, directeur de l'association départementale
du tourisme du Haut-Rhin qui observe – et agit – depuis une
vingtaine d'années dans ce secteur. L'offre s'est adaptée
en volume face à une fréquentation qui a été
multipliée par deux en deux décennies. L'hôtellerie
alsacienne est passée d'une capacité de 5482 chambres en
1983 à 9300 chambres en 2003. Les gîtes ruraux et les chambres
d'hôtes, au nombre de 833 en 1993, sont aujourd'hui 1172. Le tourisme
en Alsace est donc bel et bien en croissance. Il est d'ailleurs l'un des
rares secteurs économiques créateurs net d'emplois dans
la région.
Réservations en ligne
L'adaptation se fait également face à la fréquentation
saisonnière. Déjà, les taux d'occupation hôteliers
les plus élevés de l'année sont ceux de la fin de
l'année, marchés de Noël aidant… « Juillet
et août ne sont plus les périodes de pic, explique Jean Klinkert.
L'activité s'étale tout au long de l'année et la
saison estivale va de Pâques à fin octobre. » La clientèle
se fait plus mobile, effectue des réservations pour des durées
courtes, souvent au dernier moment. Un nomadisme constaté autant
par les hébergeurs individuels, les gérants de camping que
par les hôteliers de montagne. Adaptation encore face aux nouvelles
technologies : pour sa première année, le site de réservation
en ligne de l'ADT du Haut-Rhin est un succès. 35 % des réservations
de chambres chez l'habitant (gîtes) ont été passées
par internet. « Le site est accessible 24 heures sur 24 ; il permet
d'augmenter l'amplitude de l'activité et favorise les réservations
de dernière minute ». Adaptation toujours dans les types
de produits offerts. L'Alsace attirerait d'abord un tourisme de personnes
âgées… « Excellent pour l'hôtellerie 3
et 4 étoiles et pour la restauration gastronomique ! », s'exclame
Jean Klinkert. Le patron de l'ADTsouligne l'apparition de nouveaux produits
: la résidence hôtelière Odalys de Mooslargue avec
ses 75 appartements en location saisonnière correspond aux standards
internationaux requis par les tours opérateurs. L'hébergement
en chalets de bois, comme à Seppois-le-Bas, Kruth ou Metzeral,
satisfait aussi un marché croissant, celui des « habitations
légères de loisirs ».
Le poids des événements
L'attractivité de l'Alsace se joue tous les jours face aux autres
régions touristiques, proches ou lointaines. L'envers de la médaille,
la cohue sur certains sites, les rassemblements motorisés de la
Route des crêtes, les fermes-auberges encombrées, peut être
atténué par un marketing bien pensé, une modulation
des prix encourageant à voyager en dehors des week-ends de grande
presse par exemple… Enfin, l'économie touristique alsacienne,
constate Jean Klinkert, est dopée par les grands événements,
les Semaine fédérale du cyclotourisme de Cernay, parade
automobile de Mulhouse, fête médiévale de Ferrette,
festivals de musique de Colmar, Guebwiller ou Ribeauvillé…
« Il faut se réjouir du soutien qu'apportent les villes à
ces événements qui, parce qu'ils reposent sur les notions
de culture, de nature et de gastronomie, vont bien à l'Alsace ».
Alexandre Marini
Alexandre Marini Début août à Cernay, la 66e édition
de la Semaine fédérale de cyclotourisme a dopé l'activité
touristique, avec ses 13 000 participants.
Début août à Cernay, la 66e édition de la Semaine
fédérale de cyclotourisme a dopé l'activité
touristique, avec ses 13 000 participants.
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