ALSACE DU 24.3.2007

Le stade de slalom Serge Lang inauguré aujourd’hui au Markstein
Réaménagé l’an dernier, le stade de slalom du Markstein est opérationnel depuis cet hiver. Il ne manquait qu’un détail pour qu’il soit utilisé en compétition : la neige et le froid. Baptisé Serge Lang, il sera officiellement porté sur les fonts baptismaux ce samedi à 11 h.
Même la météo a décidé de se mettre au diapason, en se rappelant au bon souvenir des skieurs et en blanchissant les sommets, à la veille du printemps. Inaugurer un stade de slalom enneigé, c’est tout de même plus crédible.
Annick Lutenbacher, vice-présidente du Syndicat mixte Markstein — Grand Ballon, a accepté de nous en dire un peu plus sur cet équipement, qui a vu le jour en 1982, à l’occasion de la première épreuve de la Coupe du monde de ski alpin, organisée en 1983 dans le massif vosgien. Il y en a même eu une deuxième, le lendemain, puis une troisième, en 1987 (lire ci-dessous).


Pouvez-vous rappeler à nos lecteurs dans quelles conditions est né ce stade de slalom ?
« Le stade de slalom du Markstein est né d’un vœu de notre confrère journaliste Serge Lang, décédé il y a quelques années et qui était le véritable père de la Coupe du monde de ski alpin. Il a toujours souhaité voir le Cirque blanc faire étape dans ses montagnes, au pied desquelles il s’était installé. Le Comité régional de ski du massif vosgien avait prêté une oreille attentive à ce projet ambitieux, également relayé par le Conseil général du Haut-Rhin, par l’intermédiaire de son premier vice-président Pierre Egler, qui était aussi maire d’Oderen, sur le ban duquel se trouve cette piste, et président du Syndicat mixte Markstein — Grand Ballon.
À l’époque, en 1982, 600 000 F avaient été dépensés pour cette réalisation. Par la suite, des améliorations techniques s’imposaient et un dossier complet avait été constitué en 1997. Le projet a été réactivé au moment de la mise en place, par le conseil général, d’une politique d’aménagement de la montagne, qui a débouché sur le classement de quatre sites à vocation départementale, dont le Markstein.


Quelle est la nature des derniers travaux réalisés ?
Pour en faire un bon outil de travail, au service des clubs et des compétiteurs du massif, il était nécessaire de réaliser des travaux de terrassement, pour supprimer les dévers, notamment au passage du chemin Nansen, et amortir le passage de la Route des crêtes. La piste a été raccordée au réseau d’enneigement artificiel et équipée de neuf canons à neige, ainsi que de 19 mâts d’éclairage, pour pouvoir y organiser des compétitions nocturnes.
Des précautions particulières ont été prises lors des travaux, en concertation avec le Parc des ballons et la Diren (Direction régionale de l’environnement), en raison des contraintes environnementales, liées au classement Natura 2000, notamment en matière de protection végétale, pour préserver les espèces indigènes, comme l’arnica. Ces travaux ont été réalisés en plusieurs phases, en 2005 et en 2006.
Ce programme représente une dépense de 482 000 hors taxes, financés à 90 % par le conseil général et 10 %, à parts égales, par les communautés de communes de Saint-Amarin et Guebwiller. Il restera ensuite à augmenter le volume des réserves d’eau, pour l’enneigement artificiel, soit en agrandissant l’existant, soit en aménageant un nouveau réservoir, ou en pompant de l’eau du lac de la Lauch.


Qu’est ce que cette installation rénovée va apporter à la station ?
Tout d’abord, ce sera le seul stade de slalom réservé à la compétition dans tout le massif vosgien, un outil de qualité, à la disposition des clubs, pour les entraînements et la compétition. Le tout est régi par une convention d’utilisation. Il faut savoir qu’en moyenne 30 courses de ski alpin sont organisées au Markstein chaque hiver, ce qui représente en tout 3000 compétiteurs accueillis durant la saison.
Ce stade contribue à renforcer l’image sportive de la station et devrait attirer une nouvelle clientèle, dans le cadre du développement global de la station.
Comment se déroulera l’inauguration, ce matin, et quels sont les invités de marque ?


Nous avons prévu deux options, en fonction de la météo, avec une possibilité de repli, en cas de mauvais temps, sous un chapiteau. Une plaque dédiée à Serge Lang sera officiellement dévoilée, sur le stade, en amont de la Route des crêtes, en présence notamment de Patrick Lang, le fils de Serge, Charles Buttner, président du conseil général, Etienne Bannwarth, président du Syndicat mixte Markstein — Grand Ballon et Jean-Paul Marx, président d’honneur du Comité régional de ski. Les discours suivront à l’extérieur (ou à l’abri) et la réception se terminera autour du verre de l’amitié, à l’Hôtel Wolf.
Nous avons prévu d’inviter d’anciens champions, qui ont participé aux épreuves de Coupe du monde au Markstein, en 1983 et 1987, comme le Suédois Ingemar Stenmark et le Yougoslave Bojan Krizaj, les seuls à avoir inscrit leurs noms au palmarès de l’épreuve alsacienne. Mais tout dépendra de leurs disponibilités. »
Propos recueillispar Jean-Michel Cuenot


Trois coupes du monde

La Markstein est la seule station du massif vosgien à avoir accueilli l’élite mondiale du ski alpin, grâce aux démarches de l’Alsacien Serge Lang, ancien journaliste, qui a créé la Coupe du monde de la spécialité.
La première épreuve a eu lieu le le 11 février 1983. Il s’agissait de la reprise de l’épreuve de Wengen, qui n’avait pu avoir lieu, car l’enneigement était insuffisant. Sublime honneur, pour la modeste station alsacienne, qui est ainsi venue au secours de sa prestigieuse homolgue hélvétique! Organisée au pied levé, elle a vu la victoire du Suédois Ingemar Stenmark, devant l’Italien Paolo De Chiesa et l’Américain Steve Mahre.
Le lendemain, le slalom du Markstein a été remporté par le Yougoslave Bojan Krizaj, devant le Suédois Bengt Fjallberg et l’Autrichien Christian Orlainski.
Quatre ans plus tard, le 14 février 1987, sur ce même stade de slalom du Markstein, c’est encore le «Roi Stenmark» qui s’est imposé, devant l’Allemand Armin Bittner et l’Autrichien Günther Mader.
Le stade qui a vu triompher Ingemar Stenmark prendra le nom de Patrice Lang (à droite) ce matin en présence notamment de Jean-Paul Marx (à gauche). Photo d’archives Jean-Marie Schreiber
En chiffres
2,70 ha : superficie du stade de slalom du Markstein
600 m : la longueur
45 m : la largeur
165 m : le dénivelé
32 % : la pente moyenne
44 % : la pente maximale
9 : le nombre de canons à neige
19 : le nombre de projecteurs
la question incongrue
Est-ce bien raisonnable d’investir dans les Vosges autant d’argent public, pour des équipements de ski, alors qu’on ne parle que de réchauffement climatique et d’enneigement précaire ?
« On a toujours connu des hivers sans neige. Depuis des décennies. La saison que nous vivons actuellement arrive après l’hiver exceptionnel de l’an dernier. La pratique du ski doit être considérée comme un service public et il est normal que les collectivités investissent, comme elles le font pour les stades et les salles de sport. Nous devons pouvoir doter nos stations de moyens techniques leur permettant de répondre rapidement à l’arrivée du froid et de la neige, car on sait que ces périodes favorables seront de plus ne plus courtes. Les stations devront réagir vite, pour travailler la neige et pour en fabriquer, dès que ce sera possible. Je regrette que cette tendance météo fasse le jeu des détracteurs de l’aménagement hivernal. »


Inauguration Grand virage au Markstein

Le tout nouveau stade de slalom du Markstein a été inauguré hier matin sous la neige. Il porte le nom du journaliste Serge Lang, père de la Coupe du monde de ski.
La météo hivernale de la semaine a donc tenu jusqu’à samedi matin : la neige tombait encore quand les élus et les représentants du monde sportif ont dévoilé la plaque qui baptise le stade de slalom du Markstein du nom de Serge Lang, journaliste et créateur de la Coupe du monde, décédé en 1999 (lire notre édition de vendredi).
Il y avait du monde sur la route des Crêtes pour cette inauguration, en premier lieu les élus du Syndicat mixte du Markstein-Grand Ballon, et ceux des deux communautés de communes parties prenantes dans cette affaire, celle de la région de Guebwiller et celle de la vallée de Saint-Amarin. Le président du conseil général du Haut-Rhin, Charles Buttner, en tant que principal financeur de cette installation, avait aussi fait le déplacement.
Par ailleurs tous les représentants des instances du ski alpin étaient rassemblés à cette occasion : ce nouvel équipement va offrir aux skieurs alsaciens de bonnes conditions d’entraînements. Mais surtout, Patrick Lang, le fils de Serge Lang, qui s’est lui aussi impliqué dans l’accueil de la Coupe du monde au Markstein à trois reprises, avait fait le déplacement avec toute sa famille pour participer à cette manifestation en mémoire de son père.
La plaque, qui porte l’inscription « Stade de slalom Serge Lang », est installée sur un menhir situé en-dessous d’un bosquet d’arbres, légèrement au-dessus de la route des Crêtes. Elle a été dévoilée avec une certaine émotion par les élus. Au même moment, des jeunes du comité régional de ski se sont engagés dans le slalom. Ils ont été suivis peu après par François Tacquard, président de la communauté de communes de Saint-Amarin, seul élu à être venu avec ses skis.
Le stade le mieux équipé du massif
Etienne Bannwarth, conseiller général et président du Syndicat mixte d’aménagement du massif du Markstein-Grand Ballon, a remis ces investissements dans le cadre de « la politique départementale d’aménagement, de réhabilitation et de mise en valeur des stations de ski des Vosges haut-rhinoises ». Grâce à ces travaux « nous disposons à présent du stade de slalom le mieux équipé du massif des Vosges, voire de France ! », a insisté Etienne Bannwarth, très fier de l’équipement réalisé. Le syndicat va poursuivre ses travaux, notamment en changeant des téléskis et en construisant un télésiège en 2008. Ce sont au final pas loin de 7 millions d’euros qui auront été investis.
Enfin, il a conclu sur l’importance du développement de l’économie touristique, garant de « créations d’emplois durables et non délocalisables », tout en rappelant que « les collectivités ne doivent ni ne peuvent pas tout faire ». À noter toutefois que le rachat de la station et des équipements par le syndicat mixte a sûrement permis de sauver le Markstein, un propos qu’a appuyé François Tacquard, conseiller général et président de la communauté de communes de la Vallée de Saint-Amarin.
De nouveaux téléskis
François Grunenberger, vice-président du syndicat mixte, qui représentait hier la communauté de communes de la région de Guebwiller, a lui souligné que le renouvellement des équipements devait se poursuivre, certains téléskis étant devenus obsolètes. Il a aussi invité les skieurs à vanter la station, qui reste, selon Charles Buttner et Michel Sordi, député-maire de Cernay, un pôle d’attractivité du secteur.
Pour sa part, Jean-Paul Marx, président honoraire du comité régional de ski, est revenu sur l’aventure des trois Coupes du monde, qu’il a vécu au premier rang : « Ces événements ont passionné des milliers de spectateurs et fait connaître le Markstein bien au-delà de l’Alsace. » Il a aussi affirmé que plus de 80 000 départs de coureurs ont été donnés sur cette piste depuis 20 ans.
Ce stade refait à neuf — éclairage, neige de culture, reprofilage — va permettre d’offrir les meilleures conditions possibles de sécurité et de qualité de ski aux skieurs d’aujourd’hui. Le Markstein va pouvoir redevenir la référence qu’il était.
Il a enfin rappelé qui était Serge Lang, ce « journaliste sportif international de renom », spécialiste notamment du ski et fondateur de la Coupe du monde. Le fils de ce dernier, Patrick, a été très touché par l’honneur fait à son père. Peu de temps avant son décès, celui-ci lui a confié qu’une de ses plus grandes émotions a été de voir, en 1983, 15 000 spectateurs au pied de la Fédérale pour acclamer les skieurs.
Élise Guilloteau
Une autre Coupe du monde ?
Et aujourd’hui, pourrait-on imaginer une nouvelle étape de la Coupe du monde au Markstein ? Patrick Lang lui-même et Jean-Jacques Lutenbacher, conseiller technique régional, en doutent. Non seulement il faudrait être capable de rassembler plus de 500 000 — soit autant d’argent qu’il en a fallu pour réaliser le stade — mais les équipements pour accueillir les sportifs et les journalistes du monde entier ne seraient pas suffisants. « Accueillir une telle compétition, c’est aussi une année de travail. Il vaut mieux que les clubs et les bénévoles travaillent pour nos skieurs sur cette piste », a assuré Jean-Jacques Lutenbacher.
Markstein Inauguration du stade de slalom
Hier matin, sous la neige et dans la poudreuse, les élus et les représentants des instances régionales du ski alpin ont inauguré le stade de slalom du Markstein. Celui-ci porte désormais le nom de Serge Lang, journaliste sportif mulhousien, créateur de la Coupe du monde de ski, à l’origine aussi de la première course de Coupe du monde qui s’est tenue au Markstein en 1983. C’est même pour cette compétition que le vieux stade avait été tracé.
Le dévoilement de la plaque s’est fait en présence de Patrick Lang, fils de Serge. Le nouveau stade compte désormais 9 canons à neige et des éclairages, qui permettront d’accueillir des compétitions nocturnes. La piste a également été reprofilée. Ces travaux, qui se sont déroulés en 2005 et en 2006, ont coûté près de 500 000 HT, financés à 90 % par le conseil général du Haut-Rhin et le reste à parts égales par les communautés de communes de la région de Guebwiller et de la vallée de Saint-Amarin.


Jean-Paul Marx, président honoraire du Comité régional du ski (à l’extrême-gauche) et Patrick Lang (à droite) entouré de ses enfants.

Photo Jean-Marie Schreiber


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