|
Le stade de slalom Serge Lang inauguré
aujourd’hui au Markstein
Réaménagé l’an dernier, le stade de slalom
du Markstein est opérationnel depuis cet hiver. Il ne manquait
qu’un détail pour qu’il soit utilisé en compétition
: la neige et le froid. Baptisé Serge Lang, il sera officiellement
porté sur les fonts baptismaux ce samedi à 11 h.
Même la météo a décidé de se mettre
au diapason, en se rappelant au bon souvenir des skieurs et en blanchissant
les sommets, à la veille du printemps. Inaugurer un stade de slalom
enneigé, c’est tout de même plus crédible.
Annick Lutenbacher, vice-présidente du Syndicat mixte Markstein
— Grand Ballon, a accepté de nous en dire un peu plus sur
cet équipement, qui a vu le jour en 1982, à l’occasion
de la première épreuve de la Coupe du monde de ski alpin,
organisée en 1983 dans le massif vosgien. Il y en a même
eu une deuxième, le lendemain, puis une troisième, en 1987
(lire ci-dessous).
Pouvez-vous rappeler à nos lecteurs dans quelles conditions est
né ce stade de slalom ?
« Le stade de slalom du Markstein est né d’un vœu
de notre confrère journaliste Serge Lang, décédé
il y a quelques années et qui était le véritable
père de la Coupe du monde de ski alpin. Il a toujours souhaité
voir le Cirque blanc faire étape dans ses montagnes, au pied desquelles
il s’était installé. Le Comité régional
de ski du massif vosgien avait prêté une oreille attentive
à ce projet ambitieux, également relayé par le Conseil
général du Haut-Rhin, par l’intermédiaire de
son premier vice-président Pierre Egler, qui était aussi
maire d’Oderen, sur le ban duquel se trouve cette piste, et président
du Syndicat mixte Markstein — Grand Ballon.
À l’époque, en 1982, 600 000 F avaient été
dépensés pour cette réalisation. Par la suite, des
améliorations techniques s’imposaient et un dossier complet
avait été constitué en 1997. Le projet a été
réactivé au moment de la mise en place, par le conseil général,
d’une politique d’aménagement de la montagne, qui a
débouché sur le classement de quatre sites à vocation
départementale, dont le Markstein.
Quelle est la nature des derniers travaux réalisés ?
Pour en faire un bon outil de travail, au service des clubs et des compétiteurs
du massif, il était nécessaire de réaliser des travaux
de terrassement, pour supprimer les dévers, notamment au passage
du chemin Nansen, et amortir le passage de la Route des crêtes.
La piste a été raccordée au réseau d’enneigement
artificiel et équipée de neuf canons à neige, ainsi
que de 19 mâts d’éclairage, pour pouvoir y organiser
des compétitions nocturnes.
Des précautions particulières ont été prises
lors des travaux, en concertation avec le Parc des ballons et la Diren
(Direction régionale de l’environnement), en raison des contraintes
environnementales, liées au classement Natura 2000, notamment en
matière de protection végétale, pour préserver
les espèces indigènes, comme l’arnica. Ces travaux
ont été réalisés en plusieurs phases, en 2005
et en 2006.
Ce programme représente une dépense de 482 000 hors taxes,
financés à 90 % par le conseil général et
10 %, à parts égales, par les communautés de communes
de Saint-Amarin et Guebwiller. Il restera ensuite à augmenter le
volume des réserves d’eau, pour l’enneigement artificiel,
soit en agrandissant l’existant, soit en aménageant un nouveau
réservoir, ou en pompant de l’eau du lac de la Lauch.
Qu’est ce que cette installation rénovée va apporter
à la station ?
Tout d’abord, ce sera le seul stade de slalom réservé
à la compétition dans tout le massif vosgien, un outil de
qualité, à la disposition des clubs, pour les entraînements
et la compétition. Le tout est régi par une convention d’utilisation.
Il faut savoir qu’en moyenne 30 courses de ski alpin sont organisées
au Markstein chaque hiver, ce qui représente en tout 3000 compétiteurs
accueillis durant la saison.
Ce stade contribue à renforcer l’image sportive de la station
et devrait attirer une nouvelle clientèle, dans le cadre du développement
global de la station.
Comment se déroulera l’inauguration, ce matin, et quels sont
les invités de marque ?
Nous avons prévu deux options, en fonction de la météo,
avec une possibilité de repli, en cas de mauvais temps, sous un
chapiteau. Une plaque dédiée à Serge Lang sera officiellement
dévoilée, sur le stade, en amont de la Route des crêtes,
en présence notamment de Patrick Lang, le fils de Serge, Charles
Buttner, président du conseil général, Etienne Bannwarth,
président du Syndicat mixte Markstein — Grand Ballon et Jean-Paul
Marx, président d’honneur du Comité régional
de ski. Les discours suivront à l’extérieur (ou à
l’abri) et la réception se terminera autour du verre de l’amitié,
à l’Hôtel Wolf.
Nous avons prévu d’inviter d’anciens champions, qui
ont participé aux épreuves de Coupe du monde au Markstein,
en 1983 et 1987, comme le Suédois Ingemar Stenmark et le Yougoslave
Bojan Krizaj, les seuls à avoir inscrit leurs noms au palmarès
de l’épreuve alsacienne. Mais tout dépendra de leurs
disponibilités. »
Propos recueillispar Jean-Michel Cuenot
Trois coupes du monde
La Markstein est la seule station du massif vosgien à avoir accueilli
l’élite mondiale du ski alpin, grâce aux démarches
de l’Alsacien Serge Lang, ancien journaliste, qui a créé
la Coupe du monde de la spécialité.
La première épreuve a eu lieu le le 11 février 1983.
Il s’agissait de la reprise de l’épreuve de Wengen,
qui n’avait pu avoir lieu, car l’enneigement était
insuffisant. Sublime honneur, pour la modeste station alsacienne, qui
est ainsi venue au secours de sa prestigieuse homolgue hélvétique!
Organisée au pied levé, elle a vu la victoire du Suédois
Ingemar Stenmark, devant l’Italien Paolo De Chiesa et l’Américain
Steve Mahre.
Le lendemain, le slalom du Markstein a été remporté
par le Yougoslave Bojan Krizaj, devant le Suédois Bengt Fjallberg
et l’Autrichien Christian Orlainski.
Quatre ans plus tard, le 14 février 1987, sur ce même stade
de slalom du Markstein, c’est encore le «Roi Stenmark»
qui s’est imposé, devant l’Allemand Armin Bittner et
l’Autrichien Günther Mader.
Le stade qui a vu triompher Ingemar Stenmark prendra le nom de Patrice
Lang (à droite) ce matin en présence notamment de Jean-Paul
Marx (à gauche). Photo d’archives Jean-Marie Schreiber
En chiffres
2,70 ha : superficie du stade de slalom du Markstein
600 m : la longueur
45 m : la largeur
165 m : le dénivelé
32 % : la pente moyenne
44 % : la pente maximale
9 : le nombre de canons à neige
19 : le nombre de projecteurs
la question incongrue
Est-ce bien raisonnable d’investir dans les Vosges autant d’argent
public, pour des équipements de ski, alors qu’on ne parle
que de réchauffement climatique et d’enneigement précaire
?
« On a toujours connu des hivers sans neige. Depuis des décennies.
La saison que nous vivons actuellement arrive après l’hiver
exceptionnel de l’an dernier. La pratique du ski doit être
considérée comme un service public et il est normal que
les collectivités investissent, comme elles le font pour les stades
et les salles de sport. Nous devons pouvoir doter nos stations de moyens
techniques leur permettant de répondre rapidement à l’arrivée
du froid et de la neige, car on sait que ces périodes favorables
seront de plus ne plus courtes. Les stations devront réagir vite,
pour travailler la neige et pour en fabriquer, dès que ce sera
possible. Je regrette que cette tendance météo fasse le
jeu des détracteurs de l’aménagement hivernal. »
Inauguration Grand virage au Markstein
Le tout nouveau stade de slalom du Markstein a été inauguré
hier matin sous la neige. Il porte le nom du journaliste Serge Lang, père
de la Coupe du monde de ski.
La météo hivernale de la semaine a donc tenu jusqu’à
samedi matin : la neige tombait encore quand les élus et les représentants
du monde sportif ont dévoilé la plaque qui baptise le stade
de slalom du Markstein du nom de Serge Lang, journaliste et créateur
de la Coupe du monde, décédé en 1999 (lire notre
édition de vendredi).
Il y avait du monde sur la route des Crêtes pour cette inauguration,
en premier lieu les élus du Syndicat mixte du Markstein-Grand Ballon,
et ceux des deux communautés de communes parties prenantes dans
cette affaire, celle de la région de Guebwiller et celle de la
vallée de Saint-Amarin. Le président du conseil général
du Haut-Rhin, Charles Buttner, en tant que principal financeur de cette
installation, avait aussi fait le déplacement.
Par ailleurs tous les représentants des instances du ski alpin
étaient rassemblés à cette occasion : ce nouvel équipement
va offrir aux skieurs alsaciens de bonnes conditions d’entraînements.
Mais surtout, Patrick Lang, le fils de Serge Lang, qui s’est lui
aussi impliqué dans l’accueil de la Coupe du monde au Markstein
à trois reprises, avait fait le déplacement avec toute sa
famille pour participer à cette manifestation en mémoire
de son père.
La plaque, qui porte l’inscription « Stade de slalom Serge
Lang », est installée sur un menhir situé en-dessous
d’un bosquet d’arbres, légèrement au-dessus
de la route des Crêtes. Elle a été dévoilée
avec une certaine émotion par les élus. Au même moment,
des jeunes du comité régional de ski se sont engagés
dans le slalom. Ils ont été suivis peu après par
François Tacquard, président de la communauté de
communes de Saint-Amarin, seul élu à être venu avec
ses skis.
Le stade le mieux équipé du massif
Etienne Bannwarth, conseiller général et président
du Syndicat mixte d’aménagement du massif du Markstein-Grand
Ballon, a remis ces investissements dans le cadre de « la politique
départementale d’aménagement, de réhabilitation
et de mise en valeur des stations de ski des Vosges haut-rhinoises ».
Grâce à ces travaux « nous disposons à présent
du stade de slalom le mieux équipé du massif des Vosges,
voire de France ! », a insisté Etienne Bannwarth, très
fier de l’équipement réalisé. Le syndicat va
poursuivre ses travaux, notamment en changeant des téléskis
et en construisant un télésiège en 2008. Ce sont
au final pas loin de 7 millions d’euros qui auront été
investis.
Enfin, il a conclu sur l’importance du développement de l’économie
touristique, garant de « créations d’emplois durables
et non délocalisables », tout en rappelant que « les
collectivités ne doivent ni ne peuvent pas tout faire ».
À noter toutefois que le rachat de la station et des équipements
par le syndicat mixte a sûrement permis de sauver le Markstein,
un propos qu’a appuyé François Tacquard, conseiller
général et président de la communauté de communes
de la Vallée de Saint-Amarin.
De nouveaux téléskis
François Grunenberger, vice-président du syndicat mixte,
qui représentait hier la communauté de communes de la région
de Guebwiller, a lui souligné que le renouvellement des équipements
devait se poursuivre, certains téléskis étant devenus
obsolètes. Il a aussi invité les skieurs à vanter
la station, qui reste, selon Charles Buttner et Michel Sordi, député-maire
de Cernay, un pôle d’attractivité du secteur.
Pour sa part, Jean-Paul Marx, président honoraire du comité
régional de ski, est revenu sur l’aventure des trois Coupes
du monde, qu’il a vécu au premier rang : « Ces événements
ont passionné des milliers de spectateurs et fait connaître
le Markstein bien au-delà de l’Alsace. » Il a aussi
affirmé que plus de 80 000 départs de coureurs ont été
donnés sur cette piste depuis 20 ans.
Ce stade refait à neuf — éclairage, neige de culture,
reprofilage — va permettre d’offrir les meilleures conditions
possibles de sécurité et de qualité de ski aux skieurs
d’aujourd’hui. Le Markstein va pouvoir redevenir la référence
qu’il était.
Il a enfin rappelé qui était Serge Lang, ce « journaliste
sportif international de renom », spécialiste notamment du
ski et fondateur de la Coupe du monde. Le fils de ce dernier, Patrick,
a été très touché par l’honneur fait
à son père. Peu de temps avant son décès,
celui-ci lui a confié qu’une de ses plus grandes émotions
a été de voir, en 1983, 15 000 spectateurs au pied de la
Fédérale pour acclamer les skieurs.
Élise Guilloteau
Une autre Coupe du monde ?
Et aujourd’hui, pourrait-on imaginer une nouvelle étape de
la Coupe du monde au Markstein ? Patrick Lang lui-même et Jean-Jacques
Lutenbacher, conseiller technique régional, en doutent. Non seulement
il faudrait être capable de rassembler plus de 500 000 — soit
autant d’argent qu’il en a fallu pour réaliser le stade
— mais les équipements pour accueillir les sportifs et les
journalistes du monde entier ne seraient pas suffisants. « Accueillir
une telle compétition, c’est aussi une année de travail.
Il vaut mieux que les clubs et les bénévoles travaillent
pour nos skieurs sur cette piste », a assuré Jean-Jacques
Lutenbacher.
Markstein Inauguration du stade de slalom
Hier matin, sous la neige et dans la poudreuse, les élus et les
représentants des instances régionales du ski alpin ont
inauguré le stade de slalom du Markstein. Celui-ci porte désormais
le nom de Serge Lang, journaliste sportif mulhousien, créateur
de la Coupe du monde de ski, à l’origine aussi de la première
course de Coupe du monde qui s’est tenue au Markstein en 1983. C’est
même pour cette compétition que le vieux stade avait été
tracé.
Le dévoilement de la plaque s’est fait en présence
de Patrick Lang, fils de Serge. Le nouveau stade compte désormais
9 canons à neige et des éclairages, qui permettront d’accueillir
des compétitions nocturnes. La piste a également été
reprofilée. Ces travaux, qui se sont déroulés en
2005 et en 2006, ont coûté près de 500 000 HT, financés
à 90 % par le conseil général du Haut-Rhin et le
reste à parts égales par les communautés de communes
de la région de Guebwiller et de la vallée de Saint-Amarin.

Jean-Paul Marx, président honoraire du Comité régional
du ski (à l’extrême-gauche) et Patrick Lang (à
droite) entouré de ses enfants.
Photo
Jean-Marie Schreiber |