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Au
Markstein depuis 80 ans
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La
famille Wolf fêtera le dimanche 26 octobre l'anniversaire
de sa présence historique dans la station alsacienne.
Après Édouard, le pionnier, baptisé à
l'époque le « Belchenwolf », son fils Georges
a pris le relais, puis son petit-fils (Georges également),
l'actuel exploitant. |
L'HÔTEL
WOLF
est indissociable de l'histoire du Markstein. Véritable
institution, l'établissement actuel est l'héritage
de l'attachement de toute une famille au fleuron du ski dans
les Vosges. Aujourd'hui, la cinquième génération
de la famille participe activement à l'exploitation de
l'hôtel, sous la direction de Georges et Colette Wolf.
Que de chemin parcouru, en 80 ans, depuis l'arrivée au
Markstein, en 1923, d'Édouard Wolf (lire par ailleurs),
qui venait de passer plus de 30 ans au Grand Ballon. Le Belchenwolf
(loup du ballon) installe d'abord une modeste « cantine
», servant d'abri aux marcheurs et aux premiers skieurs.
Le
dimanche, on y servait de la soupe avec des saucisses et du pain.
Âgé
aujourd'hui de 74 ans, Georges Wolf évoque avec émotion
la mémoire et la forte personnalité d'«Edy
», son grand-père, pionnier de la montagne alsacienne
et du ski, décédé il y a 70 ans, le 27 octobre
1933. « Quand mon grand-père s'est installé
au Markstein, entre l'actuel hôtel Wolf et l'hôtel
Bellevue, dans une modeste baraque de bois, il n'y avait ni eau,
ni électricité, ni téléphone et les
chemins n'étaient pas déneigés en hiver.
Le dimanche, on y servait de la soupe avec des saucisses et du
pain, parfois de la choucroute. Au Markstein, il n'y avait que
quelques fermes et des refuges, construits par des associations
mulhousiennes, jusqu'à l'arrivée de la famille
Schlumberger. Entre 1927 et 1930, elle y a fait construire le
luxueux Grand Hôtel (ensuite racheté par la SNCF,
puis par Tourisme et Travail), pour l'aristocratie de l'époque,
et l'hôtel Bellevue, pour les sportifs. » Le développement
de ces grands hôtels a fait fuir Édouard Wolf. Il
vend baraque et terrain aux Schlumberger. Il reviendra par la
suite, pour construire le premier hôtel Wolf, au début
des années trente, un chalet de bois, agrandi à
plusieurs reprises, à l'emplacement actuel. Georges, le
fils d'Édouard, né en 1889, revient au pays en
1926, après avoir émigré à l'âge
de 16 ans aux États Unis, où il était le
chauffeur d'un industriel de Boston. En 1927, il a épousé
Célestine Wagner, qui avait été serveuse
au Grand Ballon, avec le Belchenwolf. Georges a pris la gérance
de l'hôtel Bellevue, puis s'est installé comme chauffeur
de taxi à Lautenbach. « Mais, très vite,
la montagne manquait à ma mère », témoigne
son fils, qui poursuit : « Mon père et ma mère
ont obtenu une licence de restauration et un terrain au Markstein.
Apprenant que mes parents comptaient s'installer au milieu de
leurs hôtels, les Schlumberger se sont fâchés.
Finalement, un accord a été trouvé : Adolphe
Schlumberger a proposé un autre terrain, ainsi que l'installation
de l'eau et de l'électricité. » Georges (le
père) avait cinq enfants : Georges, l'aîné,
né en 1928, qui tient actuellement l'hôtel avec
son épouse Colette ; Madeleine, née en 1931 ; Marianne,
née en 1934 ; Marie-Thérèse, plus connue
sous le surnom de Lili, née en 1946. Le cinquième
enfant est décédé en bas âge.
Un
obus est tombé sur l'hôtel Wolf et l'a complètement
détruit
Pendant
la Seconde Guerre mondiale, en 1944, alors que les bombardements
menaçaient le Markstein, la famille Wolf avait trouvé
refuge dans la cave du Grand Hôtel. « Un obus est
tombé sur l'hôtel Wolf et l'a complètement
détruit », se souvient Georges. « En décembre,
nous avons été rapatriés dans la vallée,
à Lautenbach, dans la famille, à l'hôtel
Bordmann, jusqu'à la libération. Avec les dommages
de guerre, nous avons pu acheter un ancien véhicule militaire,
ce qui nous a permis de ramasser et stocker des pierres de taille
dans la montagne. L'opération a duré plus d'un
an. Au printemps 1946, nous avons commencé la reconstruction
de l'hôtel, à la place de l'ancien. » L'établissement
ne comptait que six chambres.
Georges
Wolf père est décédé en 1964, laissant
l'affaire en de bonnes mains, celles de son fils, qui avait appris
le métier de cuisinier avec lui. En 1955, Georges avait
épousé Colette Meyer, de Mulhouse. Le couple, qui
avait agrandi l'hôtel une première fois en 1966
et a fait construire une extension quatre ans plus tard. Aujourd'hui,
l'établissement compte 20 chambres, est doté de
spa, sauna et solarium, et dispose de plusieurs salles à
manger. Georges et Colette ont trois filles : Élisabeth,
Christelle et Nicole. Le couple vit et travaille à l'hôtel,
où il bénéficie du soutien efficace de la
famille, notamment de leurs petits-fils, Sébastien, chef
cuisinier, et Antony, responsable du service en salle. La succession
est bien assurée.
Moins
32 degrés
«
On a tout connu, au Markstein », affirment en coeur Georges
et Colette Wolf, « même des morts et une fausse couche
». Ici plus qu'ailleurs, la vie est suspendue aux caprices
de la météo. L'été 2003 a été
le plus chaud et l'hiver 1956 le plus froid, avec des températures
inférieures à moins 32°. « En 1947, c'était
la plus grosse tempête de pluie. Au Markstein il y avait
de l'eau partout et des inondations en plaine. Pour dormir au
sec à l'hôtel, nous couchions sur les tables, avec
une autre table par-dessus, en guise d'abri, car les tôles
du toit avaient été arrachées », se
souvient Georges. « En 1952, nous sommes restés
bloqués pendant six semaines en raison de la neige et
des congères. J'ai eu l'idée d'adapter des roues
jumelées à mon vieux GMC et en posant des madriers
devant le camion, je suis arrivé jusqu'au chalet des Vosges
Trotters. Il nous a fallu deux jours pour faire la trace, sur
deux kilomètres? En 1954, nous avions la première
télévision du Markstein. L'antenne avait été
bricolée sur un manche à balai, dirigée
vers Strasbourg. » Deux ans plus tard, la région
a vécu l'hiver le plus froid : « Dehors, il faisait
moins 32 degrés, avec un vent terrible. Dans la chaufferie
de l'hôtel, il faisait moins 18 degrés, alors que
les portes des deux chaudières étaient grandes
ouvertes. Il fallait remettre du charbon toutes les deux heures.
Nous regardions les Jeux Olympiques de Melbourne, à la
télévision, emmitouflés dans de grosses
canadiennes, avec des gants et des bonnets. Les bouteilles gelaient
sur le comptoir et éclataient à la cave. »
La famille Wolf a contribué à l'histoire du ski,
avec la construction du premier téléski des Vosges,
par les Ponts et chaussées, en 1947, au Markstein, où
le premier concours de ski avait été organisé
en 1904, au Treh, par les Vosges Trotters de Mulhouse. À
l'époque, on remontait les pistes à pied !
Jean-Michel
Cuenot
Dimanche
: la fête
En 1923, Edy Wolf, baptisé aussi le Belchenwolf (loup
du Ballon) arrive au Markstein avec son baluchon. Il ouvre l'auberge
Chez Wolf. 80 ans plus tard, l'auberge a bien changé,
mais la famille est toujours là et compte bien fêter
cet anniversaire avec tous ses amis. Cette fête de la montagne
aura lieu le dimanche 26 octobre, à partir de 12 h, à
l'hôtel Wolf du Markstein, 70 ans jour pour jour après
la mort d'Édouard Wolf, le pionnier. L'animation musicale
sera assurée par le Trio Mélodie. Au menu : schifala,
salade de pommes de terre, tarte aux myrtilles, pour 15 E. Réservations
au Tél. 06.83.76.95.50, ou par Internet : hotelwolfAaol.com
Le même jour, à 11 h, sera inaugurée la «
Bulle », installée depuis cette année en
face de l'hôtel, où sont régulièrement
organisées des animations.
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