| L'Alsacienne
de raquettes
C'
est la seule épreuve de masse de ce genre organisée dans
le massif vosgien. Elle a réuni plus de 500 participants, avant-hier,
au Markstein.
Les raquettes ont le vent en poupe. Moins techniques que le ski de fond,
elles permettent à tout un chacun d'aller à l'aventure sur
les surfaces enneigées. En prenant certaines précautions
cependant. Une manifestation comme l'Alsacienne de raquettes est sécurisante
pour les amateurs de marche en montagne, les organisateurs prenant à
leur charge toutes les précautions, en préparant des circuits
balisés, au départ du Markstein. Pas de risque de s'égarer
par conséquent, surtout si, comme dimanche, il faisait beau sur
les crêtes vosgiennes. Pas de risque non plus de se retrouver seul,
perdu, à la suite d'un incident : il y avait du monde sur les trois
circuits.
Temps idéal
André Grob, le président du ski club Ranspach, co-organisateur
de la troisième édition de l'Alsacienne raquettes, était
loin avant-hier : il était parti en Russie pour participer aux
épreuves du championnat du monde de ski de fond des masters. Mais
une trentaine de membres de son club étaient là pour assurer
le balisage, les inscriptions, l'assistance, le ravitaillement. Un poste
avait été installé à l'endroit où les
trois circuits se séparaient proposant vin chaud et thé.
Le vin chaud a eu beaucoup de succès. Deux heures après
l'ouverture de la piste, les 70 litres préparés étaient
partis. Il a fallu faire venir une deuxième livraison, en motoneige
!
Chez Speck sports, au Markstein, on dispose en permanence d'un bon stock
de raquettes. Pour l'Alsacienne, André Speckbacher avait cependant
fait venir 700 paires supplémentaires, directement du fabriquant,
pour parer à toute éventualité. Elles n'ont pas toutes
été utilisées. Il n'y a eu que 539 participants.
Il est vrai que l'on était le dernier dimanche des congés
d'hiver et que nombre d'amateurs de randonnées étaient encore
sur les routes du retour. D'autres ont été pris par l'organisation
ou la participation à des cavalcades de carnaval. Et puis il y
en a qui n'ont pas osé monter en montagne, du fait d'une météo
quelque peu alarmiste, prédisant d'importantes chutes de neige.
En fait, ces chutes ont dû se produire par secteur, comme les giboulées
de mars : au Markstein, il a fait beau tout au long de l'Alsacienne. S'il
a manqué au départ des Alsaciens encore en vacances, il
y a eu, en revanche, des vacanciers pour les remplacer. C'est ainsi que,
lors du palmarès, on a appris que des Bretons, des Belges d'Anvers,
des Luxembourgeois avaient pris le départ. Ceux là n'étaient
pas venus de leur pays pour participer à la marche : ils étaient
en vacances dans la région. Et ils en ont profité pour apprécier
la promenade à raquettes. Il faut dire qu'ils ont été
gâtés. Le temps était idéal, pas trop froid,
ni trop chaud. La neige était excellente. Certes, le soleil n'était
pas toujours au rendez-vous. Comme dirait le poète, il jouait à
cache-cache avec les nuages. Mais, à aucun moment, le brouillard
n'a investi les cimes. L'on pouvait ainsi profiter d'un magnifique panorama,
de paysage enneigés, de sapins emmitouflés dans des houppelandes
de neige. Comme il ne s'agissait pas d'une compétition, mais d'une
promenade familiale, chacun pouvait prendre le temps d'enrichir sa collection
de photos. Cela ferait sans aucun doute de beaux souvenir. Et, qui sait,
certains de ces paysages se retrouveront peut-être l'année
prochaine sur des cartes de voeux.
Costume de rigueur
Mais il n'y a pas que les paysages à avoir suscité l'intérêt
des photographes amateurs. Pour beaucoup, justifier sa participation à
l'Alsacienne de raquettes passait par l'obligation de se faire photographier
en compagnie d'une Alsacienne, vêtue de sa jupe rouge et coiffée
du grand noeud noir avec sa cocarde tricolore. Barbara, une charmante
employée au self service, était partie sur le circuit de
5 km. Elle n'était pas la seule à être vêtue
de la tenue traditionnelle. André Speckbacher, lui-même,
avait sacrifié à cette tradition, avec une dizaine de ses
employés. Mais, en ce dimanche de grande affluence, ils n'ont pu
effectuer que quelques centaines de mètres, entre le départ
et la bulle du Markstein, avant de reprendre leur service. Seule Barbara
a eu quartier libre pour jouer les mascottes sur le circuit. Autant dire
qu'elle était très demandée pour les photos souvenir,
et qu'elle s'y prêtait de bonne grâce.André Speckbacher
et quelques-uns de ses employés avaient revêtu le costume
traditionnel alsacien pour lancer l'Alsacienne de raquettes, dimanche,
au Markstein.

Il a fallu ramener du vin chaud en motoneige parce que la première
tournée (70 litres) a été bue en deux heures !
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