Nouvelle donne au Markstein

La saison hivernale a démarré dans la plupart des stations de ski du massif vosgien. Au Markstein, c'était le baptême du feu pour la nouvelle équipe, mise en place par le syndicat mixte Markstein - Grand Ballon, le nouveau propriétaire des installations.

UNE CERTAINE fébrilité régnait ces derniers jours au Markstein, où un nouvel exploitant est à la tête de la station. La famille Jaeglé (société Evasion 2000), qui gérait les installations depuis plus de 20 ans, a quitté le site. Les installations, ainsi que le matériel d'exploitation, appartiennent désormais au syndicat mixte Markstein -Grand Ballon, qui a bénéficié de l'engagement financier du Département et des communautés de communes de la vallée de Saint-Amarin et de la région de Guebwiller (lire ci-dessous). Pour la grande ouverture de la saison, c'était la foule sur les pistes. Mercredi notamment, de nombreux cars ont déchargé leurs groupes de scolaires. Le personnel, nouvellement mis en place, prenait ses marques. Il fallait effectuer les derniers petits réglages, pour pouvoir accueillir tout ce petit monde, avide de se lancer dans les premières glissades. 80 % du domaine skiable était opérationnel. Seules les pistes Charton et du Steinlebach, qui ne disposent pas de neige artificielle, étaient fermées.

Grâce aux canons à neige

Un peu partout, du côté des professionnels, cette ouverture tardive était teintée de regrets : « Nous n'avons pas de chance : la neige est arrivée le dernier jour des vacances scolaires. Quelle poisse ! » Grâce aux canons à neige, la couche atteint une quarantaine de centimètres, dont une vingtaine de neige naturelle. Pour le ski de fond, la couche est suffisante, mais pour l'alpin, sans la neige artificielle, il serait difficile de skier correctement, car la sous-couche est inexistante. En montagne, comme en plaine, il pleuvait jusqu'à vendredi dernier. Le retour du froid - il faisait moins 12°, mercredi matin - a posé de nombreux problèmes sur les remontées mécaniques. « Les conditions ne sont pas faciles, pour l'ouverture. Non seulement la nouvelle équipe doit se mettre en place, mais, en plus, le froid nous a joué de mauvais tours. Les installations étaient gorgées d'eau et tout a gelé en quelques heures. Il a fallu dégeler les téléskis au chalumeau, pour pouvoir les faire tourner », explique Jean-Martin Ruhland, le responsable technique. Mais en montagne, on a l'habitude de se battre contre les éléments. Pour les compétitions de ski alpin, il faudra attendre un peu. Comme le stade de slalom n'est pas encore équipé en canons à neige, il faut se donner le temps de constituer une couche plus épaisse et plus compacte. Il n'y aura donc pas de courses ce week-end au Markstein. En ce qui concerne les tarifs des remontés mécaniques, les prix de l'hiver dernier sont maintenus et les forfaits achetés l'an dernier sont toujours valables.

SKIER La station est ouverte aux skieurs tous les jours, de 9 h à 17 h (demi-journée de 9 h à 13 h et de 13 h à 17 h) ; ski nocturne les mardis, vendredis et samedis, de 18 h à 22 h, à partir du vendredi 10 janvier.

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Premières glissades de la saison, mercredi au Markstein.

Photos Jean-Michel Cuenot

Après l'imbroglio consécutif au non renouvellement de la convention d'exploitation des terrains communaux, il fallait trouver une solution pour assurer le fonctionnement de la station. C'est pour cette raison que le Département et le syndicat mixte se sont engagés. Un appel en délégation de service public va être lancé courant février pour trouver un exploitant, qui sera chargé du fonctionnement de la station, pour les prochaines années. Le syndicat mixte reste propriétaire, mais n'a pas vocation d'exploitant. Il désignera une société parmi les candidats en lice, mais uniquement à partir de l'hiver prochain. Une convention sera signée, avec un bail, probablement de 9 ans, comme par le passé. L'engagement du conseil général résulte d'une volonté d'harmoniser l'exploitation des stations du département, pour éviter l'éparpillement des aides, dans le cadre d'une réflexion globale. Les efforts seront concentrés sur quatre sites : Ballon d'Alsace, Lac Blanc, Markstein et Schnepfenried.

En régie, en attendant le nouvel exploitant

Pour la présente année, une solution transitoire a été trouvée : la station fonctionne en régie. Les délais administratifs étaient trop courts pour pouvoir mettre en place une nouvelle société. La formule de la régie s'applique pour toute la saison hivernale, mais aussi pour l'été prochain. Si le propriétaire a changé, on retrouve des têtes connues aux divers postes de responsabilités. Ainsi, le nouveau responsable de l'exploitation n'est autre que Jean-Claude Bini, l'ancien directeur de l'école de ski de la station, membre fondateur du Scoseg, le club de ski de Guebwiller. Il connaît le site comme sa poche, ainsi que les différents professionnels et partenaires de la station. Son second n'est autre que Jean-Martin Ruhland, spécialiste ès Markstein, qui était le bras droit de Gérard Jaeglé, l'ancien exploitant. Responsable des remontées mécaniques et de l'entretien des pistes depuis plus de 20 ans, il connaît son affaire. Enfin, le troisième élément du triumvirat est Claude Luttenbacher. Cet autre spécialiste de la montagne et du ski était auparavant au Rouge Gazon, la station vosgienne située sur les hauteurs de Saint-Maurice-sur-Moselle, dont il assurait l'exploitation depuis sept ans. Son frère Christophe a pris la suite, tandis que Christian, son autre frère gère l'hôtel-restaurant familial. Pisteur-secouriste, il est chargé de la sécurité mais aussi de la production de la neige artificielle. Au total, le syndicat mixte a embauché 18 personnes pour cet hiver, dont deux permanents, Jean-Claude Bini et Jean-Martin Ruhland, les autres étant des saisonniers.

Jean-Claude Bini (à gauche), le nouveau responsable du Markstein, avec Claude Luttenbacher, pisteur-secouriste, chargé de l'enneigement artificiel.

JMC


Les projets

Fort de l'engagement du conseil général, le Markstein devrait s'orienter vers plusieurs axes de développement. « Il devient impératif d'équiper le stade de slalom en canons à neige, de supprimer le dévers de la piste et d'atténuer le passage de la route. La compétition, c'est important pour une station. C'est une clientèle sûre et régulière et cela contribue à l'animation du site. Actuellement, en modifiant l'orientation des canons de la piste Fédérale, nous pouvons constituer des réserves de neige, que nous étalons ensuite sur le stade », explique Jean-Claude Bini. Par ailleurs, il est toujours question de construire un télésiège, pour améliorer le confort et le débit des installations. Cet équipement pourrait voir le jour dans trois ou quatre ans, selon les décisions du Département. « C'est une nécessité pour assurer l'avenir de la station, aussi bien pour l'hiver que pour l'été », insiste le nouveau responsable, qui souhaite également augmenter l'offre en terme d'activités estivales, pour les nombreux touristes présents sur la route des Crêtes. En plus du bob luge et du benji (trampoline aérien avec élastique), la station compte développer le VTT et pourquoi pas, à plus long terme, installer un parc d'aventures, dans le style de ce qui existe à La Bresse. En hiver, il serait souhaitable, si possible, d'instaurer la gratuité sur l'un des téléskis écoles, comme cela se pratique dans de nombreuses stations.

 

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