ALSACE DU 10.1.2004

La neige très attendue
la neige très attendue Les dernières chutes de neige ont permis une ouverture correcte au Markstein, géré par un nouvel exploitant. Hélas, le redoux risque de tempérer l'optimisme du début de saison.
Après quelques années mouvementées, pour des raisons administratives et juridiques, l'exploitation de la station du Markstein doit retrouver cette année une certaine stabilité. Le virage semble avoir bien été négocié, entre la gestion en régie, l'an dernier, et l'exploitation par une société privée, par l'intermédiaire de la SARL Markstein Loisirs, dirigée par André Speckbacher, gérant, avec pour associé Jean-Claude Bini, responsable de la station. Mais, comme toujours en montagne, c'est la météo qui décide. À part quelques exceptions, l'équipe d'exploitation a peu changé, par rapport à l'hiver dernier. Sur le terrain, on retrouve un peu les mêmes têtes, aux mêmes postes. Pour le nouvel exploitant, la gestion est beaucoup aisée qu'avec le système de la régie, avec sa comptabilité publique, peu adapté à ce genre d'exercice. Les installations, téléskis et enneigement artificiel, restent propriété du Syndicat mixte Markstein t Grand Ballon, tandis que le matériel roulant (dameuses et motos neige) a été racheté par l'exploitant, qui gère les remontées mécaniques, entretient les pistes, organise la production de neige artificielle et gère le bar restaurant situé au bas des pistes. En contrepartie du droit d'exploiter les installations, il reverse une redevance au Syndicat mixte, à hauteur de 10 % du chiffre d'affaires annuel, à laquelle s'ajoute 5 % du CA en droits d'entrée, plus une taxe de 3 % des recettes brutes, pour les communes d'Oderen et Fellering.


Gare au redoux
Pour faire fonctionner la station, la société Markstein Loisirs emploie quatre permanents : Jean-Claude Bini, responsable général, Jean-Martin Ruhland et Nicolas Grob, responsables des installations et des pistes, et Sandra Gross, caissière. À ce personnel s'ajoute toute une équipe de saisonniers et vacataires, pisteurs-secouristes, perchmen, cuisinier, etc. Contrairement à l'hiver dernier, la station a pu ouvrir pour les vacances scolaires de Noël. « Même si la couche n'est pas très épaisse, la neige est bien là et quand la température nocturne le permet, nous fabriquons de la neige artificielle. Jusqu'à présent, nous avons pu fonctionner de manière très correcte, avec une bonne affluence le week-end dernier. C'est mieux que l'an dernier, où la neige était tombée début janvier, le dernier jour des vacances scolaires. Si nous bénéficions des mêmes conditions que l'an dernier pour les vacances de carnaval, ce sera parfait, avec de la neige, du froid et du soleil », relève le responsable de la station Jean-Claude Bini, qui est inquiet cette semaine en scrutant le ciel et les prévisions météo, qui annoncent un redoux.
Jean-Michel Cuenot


Photos Jean-Michel Cuenot Jean-Claude Bini (à gauche), responsable de la station du Markstein, en conversation avec Bernard Brechbiehl, le nouveau directeur de l'École de ski (au centre) et l'un des moniteurs.


Une restructuration globale
Au Markstein, on attend avec impatience les conclusions des trois études en cours, concernant le domaine skiable, l'impact paysager et la maison d'accueil. Cette réflexion, qui associe les habitants et les professionnels de la station, est menée par un cabinet grenoblois et l'Adauhr (Agence de développement, d'aménagement et d'urbanisme du Haut-Rhin), une émanation du conseil général. Les conclusions devraient être connues au printemps et tenir compte des projets déjà engagés, comme la construction de nouveaux téléskis à la Fédérale et à la Grenouillère, pour remplacer ceux qui ne répondent plus aux normes, ainsi que l'installation de canons à neige et de l'éclairage sur le stade de slalom.
Le bâtiment Touristra en question
La modernisation de la station s'appuie sur une réflexion globale, qui intègre tous les paramètres : centre de la station, parkings, desserte des établissements, cheminements piétonniers harmonisation des activités, en hiver comme en été (ski alpin, ski de fond, snowboard, saut à ski, raquettes, luge, randonnée, VTT, vol libre, bob luge, mini golf, trampoline, etc.). La réflexion s'intéresse au projet de construction d'un télésiège, avec son impact paysager, aux liaisons entres les pistes et les services et à l'extension du réseau d'enneigement artificiel. Elle devra aussi prendre en compte l'existence de l'ancien bâtiment Touristra, fermé depuis des années, avec l'importante emprise de ses terrains. La perspective d'acquisitions foncières ouvrirait de nouvelles possibilités de développement. En raison du prix, seule une collectivité territoriale (comme le conseil général, avec des aides éventuelles), pourrait réaliser cette acquisition.
Le Grand Ballon aussi
Or, compte tenu de l'enveloppe importante déjà consacrée par le Département au profit de la montagne, il ne sera certainement pas facile de convaincre certains élus de la plaine et des villesDans les 6 millions d'euros consacrés par le conseil général aux Syndicat mixte Markstein t Grand Ballon, il convient d'englober des aménagements à réaliser au Grand Ballon, où la concession arrive à échéance le 31 décembre 2004. La commune de Soultz, sur laquelle se situe la station, a confié sa compétence à la communauté de communes de la région de Guebwiller, qui, à son tour, l'a transférée au Syndicat mixte Markstein t Grand Ballon. Une nouvelle délégation de service public devra être engagée, pour être prêt en fin d'année, au moment du renouvellement de la concession et la gestion future du domaine skiable. En plus de l'organisation des loisirs au Grand Ballon, il faudra prendre en compte les accès à la station. En hiver, un seul accès est possible, par la vallée de Saint-Amarin, via Willer-sur-Thur et Goldbach.
J-M.C.


L'avenir de la maison d'accueil du Markstein, sous sa forme actuelle, figure notamment au centre des études sur la restructuration de la station.

 


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