Le Markstein en quête d'un second souffle

En attendant une nouvelle délégation de service public, les installations du Markstein sont, cette saison, gérées en régie par le Syndicat mixte pour l'aménagement du massif du Markstein-Grand Ballon. Durant cette phase intermédiaire, chacun envisage les solutions pour un fonctionnement optimal du site.

DYNAMISER LA STATION

   Annick Lutenbacher, vice-présidente du Syndicat mixte pour l'aménagement du massif du Markstein-Grand Ballon : « L'ancien concessionnaire en charge des installations du Markstein, Évasion 2000, est arrivé l'an passé au terme de sa convention de 30 ans. À la suite de différents retards pris pour des problèmes d'ordre financier, nous avons tardé à lancer une nouvelle délégation de service public (DSP) pour trouver un nouvel exploitant. C'est pourquoi le Syndicat mixte a repris la gestion du site en régie, en attendant le lancement d'une DSP qui permettra de choisir un exploitant privé capable d'assurer la prochaine saison. Pour l'heure, nous avons embauché les 25 personnes qui oeuvrent au bon fonctionnement de la station en s'occupant de la gestion de la billetterie, des remontées mécaniques et de l'enneigement. Le Syndicat mixte reste propriétaire des installations. Il les mettra en location au nouvel exploitant, percevra une redevance et décidera des investissements à effectuer à court et moyen terme pour dynamiser la station. La convention passée avec l'exploitant durera seulement 3 ans, laps de temps nécessaire à la mise en place d'un plan de développement, avant un engagement plus long. »

 

UNE ACTION EN TROIS PHASES

   François Tacquard, conseiller général et président de la Communauté de communes de Saint-Amarin : « Grâce à l'aide du Département, il nous faut lister une cinquantaine d'opérations pour la rénovation du Markstein, qui peuvent être faites immédiatement, en privilégiant celles qui sont le plus faciles à réaliser. Je pense à une action en trois phases, avec des projets à court, moyen et long terme. Ne faisons pas l'inverse en nous attaquant au plus gros en priorité, ce serait une erreur. Dans le Haut-Rhin, il n'y a que 4 sites qui font l'objet d'un vrai développement (Ballon d'Alsace, Markstein, Schnepfenried et Lac Blanc), pour les autres c'est plutôt de la mise aux normes, voire du déménagement. Privilégions sur ce dossier une politique pertinente, écologique et raisonnable. »

 

DES HOMMES DU TERRAIN

   Jean-Martin Ruhland, responsable de l'entretien des remontées mécaniques et du damage : « Il est certain que si le Syndicat mixte n'avait pas pris le relais cette saison pour l'exploitation du Markstein, la station aurait perdu beaucoup de sa clientèle. Une interruption cette année aurait été catastrophique pour nous, surtout avec les conditions d'enneigement exceptionnelles et le soleil que nous avons cette année. Je travaille ici depuis 1980, mais cela fait pas mal d'années que je n'avais pas vu des conditions pareilles. Je pense que cette gestion en régie ne doit être que provisoire, car ce n'est pas vraiment le rôle du Syndicat mixte que de gérer ainsi le Markstein. Même si le Syndicat a des facilités pour obtenir des financements, il faut des hommes du terrain pour gérer le site. Un exploitant privé fera le maximum pour que la station tourne, alors qu'un fonctionnement en régie est très lourd et n'a pas d'objectif financier. »

LE ROLE DU PROCHAIN EXPLOITANT

   Jean-Claude Bini, responsable de l'exploitation du site : « Les rénovations à faire sur le Markstein sont légion. En urgence, il faudrait assurer l'éclairage et l'enneigement artificiel de la piste de slalom, ainsi que celui du tremplin 1. Il faut également éclairer une boucle de ski de fond et la piste de la Grenouillère, sans oublier de changer le remonte-pente de cette dernière, qui est vétuste (35 ans) et plus du tout adapté aux débutants. A ce sujet, je pense qu'il serait bon de proposer la gratuité sur les petits téléskis. A court terme, il faudrait également drainer la piste du Steinebach, souvent gorgée d'eau, et rénover les cabanes des perchmans, qui en ont bien besoin. Le contrôle des canons à neige, actuellement manuel, devrait devenir automatique, grâce à un ordinateur. L'installation de nouveaux canons nécessite d'augmenter la retenue d'eau de 800 m3 dont nous disposons aujourd'hui, ou même d'en créer une autre. A long terme, les projets sont la construction d'un télésiège, du bas des pistes jusqu'en haut de la Fédérale, et l'achat d'une nouvelle dameuse. Pour les activités d'été, nous songeons par exemple à installer un parc aventure, un loisir très en vogue. Il faut intéresser les accompagnateurs de moyenne montagne, qui seront là l'été pour proposer des randonnées ou d'autres activités. Tous ces projets contribueront à dynamiser la station été comme hiver, ce qui sera également le rôle du prochain exploitant. »

UN SECOND PISTEUR-SECOURISTE

   Claude Luttenbacher, pisteur-secouriste, responsable de la sécurité du site : « Étant le seul pisteur-secouriste du site, je travaille en coordination avec l'Association de secours en montagne du Florival. Nous avons une personne en permanence au poste de secours, plus deux ou trois patrouilleurs qui font le tour des pistes pour éventuellement porter secours aux personnes en difficulté. Quand il y a un blessé sur les pistes, nous sommes obligés de le remonter en motoneige au poste de secours, par un itinéraire aménagé. Le problème, c'est que lorsque l'enneigement n'est pas suffisant, il faut le remonter en traîneau par les remontées mécaniques, ce qui n'est pas l'idéal pour le blessé. Pour améliorer les choses, il faudrait un second pisteur-secouriste. C'est même une obligation, car seul, c'est ingérable. Il faut également continuer à privilégier le travail en partenariat avec l'Association du Florival. Enfin, il faut sérieusement songer à aménager un second poste de secours au bas des pistes, avec une liaison route ou neige pour une évacuation efficace des blessés. »

 

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