DNA 13.3.2007

Massif vosgien / Un hiver trop doux pour les skieurs
Année noire pour l'or blancDu côté du Schnepfenried, une ambiance assez inédite en hiver.(Photos DNA - Gil Michel)
Depuis l'effroyable saison 1988-89, le massif des Vosges n'a pas connu un tel revers de fortune : remontées mécaniques, location de matériel et saisonniers ont enregistré cet hiver des baisses d'activité parfois de l'ordre de 80% en raison du manque de neige et de températures trop élevées.
Le choc est d'autant plus rude : après une saison 2005-2006 exceptionnelle - avec plus de 120 jours d'ouverture - les stations des Vosges sortent ces jours-ci affaiblies d'un hiver maudit.
« C'est la première fois en 38 ans que mon activité est en baisse », reconnaît André Speckbacher, qui tient une enseigne réputée de sports d'hiver dans la vallée de Thann. Avec son associé Jean-Claude Bini, il exploite également, via la société Markstein-Loisirs, les remontées mécaniques de cette station historique des Vosges, où se couraient en 1983 et 1987 des épreuves de la Coupe du monde de ski alpin. « Par rapport à l'an dernier, nous y avons vendu 70% de forfaits en moins... »
Une saison épuisante, avec seulement une trentaine de jours d'ouverture étalés sur tout l'hiver


Au Schnepfenried, au-dessus de la vallée de Munster, Michel Miclo dresse lui aussi un constat qui en dit long : « Nous avons réalisé 8% du chiffre d'affaires de l'an dernier et environ 12% de celui d'une année normale, pendant laquelle nous ouvrons en moyenne pendant 70 jours... »


Comme si le manque de neige ne suffisait pas à leur malheur, le mercure a lui aussi joué les trouble-fête : alors que l'implantation de canons à neige a permis jusqu'ici aux stations les mieux équipées de contrecarrer les humeurs du ciel, les températures bien trop clémentes de cet hiver ont souvent empêché une utilisation optimale de ces installations. Une situation qu'illustre le bilan de la station du lac Blanc, au-dessus du Bonhomme, où malgré 70 engins, seulement 25 000 forfaits ont été écoulés cet hiver, contre 125 000 au cours des quatre mois blancs de la saison 2005-2006.
« Mais sans la neige de culture, nous allions vraiment à la catastrophe », tempèrent les exploitants du Markstein, rejoints par ceux du Schnepfenried, où un seul de ces équipements a fait tourner une piste verte pendant 15 jours supplémentaires.
« Cette saison a aussi été épuisante », soupire Michel Miclo, « car nos 30 jours d'ouverture étaient étalés sur tout l'hiver... ». Conséquence : « Nous avons dû recommencer à chaque fois le travail de préparation des pistes et des téléskis... ».
Avec des températures de 10 ou 15° en février, on pense à autre chose qu'au ski


« Nous avons passé une bonne partie de la saison à pelleter de la neige pour boucher les trous... », résume Yannick Bull, 30 ans, chef de la sécurité au Markstein. Pisteur-secouriste depuis une dizaine d'années, il ne cache pas que « pour les saisonniers, ce n'était vraiment pas une année facile, d'autant que certains étaient payés à l'heure et d'autres embauchés en CDD ». Comme la plupart de ses collègues, Yannick, de Metzeral, est pluriactif : accompagnateur en montagne, il a également monté une entreprise de formation pour les sauveteurs-secouristes du travail. « Beaucoup de nos 15 saisonniers ont eu la chance de pouvoir exercer leur second métier, notamment dans le bâtiment », souffle Michel Miclo, au Schnepfenried, alors qu'au Markstein, une vingtaine de salariés ont été mis au chômage partiel en janvier.


Les magasins de sports d'hiver, enfin, n'ont pas été épargnés : à la Godille, à Munster, Fernand Bally admet que « pour les locations journalières, c'était vraiment la galère, avec une baisse entre 40 et 50% ». Pour le matériel neuf, il jauge la chute à 30%. Chez Techni-ski, à Mittelhausbergen, Claude Kuntzmann parle d'une baisse de 35% des locations - « il nous restait les clients qui partaient dans les Alpes » -, mais regrette surtout qu'en raison du temps, « l'esprit du ski était absent : quand il fait 10 ou 15 degrés en février, on pense à autre chose... »
J
ean-Marc Thiébaut


Télésiège pour VTT
Dès le mois de juin, la station du lac Blanc, au-dessus du Bonhomme, ouvrira de nouvelles pistes... de VTT. Tracés à travers la forêt et d'une longueur de 2 km, ces parcours balisés (bleu, vert, rouge, noir) seront desservis par le nouveau télésiège de la station, sur lequel pourront être embarquées les bicyclettes. Une location de matériel (vélos, casques, protections dorsales) fonctionnera au bas des pistes dont les aménagements ont commencé ces dernières semaines. Elles seront notamment dotées de bosses et de divers tremplins.
© Dernières Nouvelles D'alsace, Mardi 13 Mars 2007. - Tous droits de reproduction réservés


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