Massif
vosgien / Un hiver trop doux pour les skieurs
Année noire pour l'or blancDu côté du Schnepfenried,
une ambiance assez inédite en hiver.(Photos DNA - Gil Michel)
Depuis l'effroyable saison 1988-89, le massif des Vosges n'a pas connu
un tel revers de fortune : remontées mécaniques, location
de matériel et saisonniers ont enregistré cet hiver des
baisses d'activité parfois de l'ordre de 80% en raison du manque
de neige et de températures trop élevées.
Le choc est d'autant plus rude : après une saison 2005-2006 exceptionnelle
- avec plus de 120 jours d'ouverture - les stations des Vosges sortent
ces jours-ci affaiblies d'un hiver maudit.
« C'est la première fois en 38 ans que mon activité
est en baisse », reconnaît André Speckbacher, qui tient
une enseigne réputée de sports d'hiver dans la vallée
de Thann. Avec son associé Jean-Claude Bini, il exploite également,
via la société Markstein-Loisirs, les remontées mécaniques
de cette station historique des Vosges, où se couraient en 1983
et 1987 des épreuves de la Coupe du monde de ski alpin. «
Par rapport à l'an dernier, nous y avons vendu 70% de forfaits
en moins... »
Une saison épuisante, avec seulement une trentaine de jours d'ouverture
étalés sur tout l'hiver
Au Schnepfenried, au-dessus de la vallée de Munster, Michel Miclo
dresse lui aussi un constat qui en dit long : « Nous avons réalisé
8% du chiffre d'affaires de l'an dernier et environ 12% de celui d'une
année normale, pendant laquelle nous ouvrons en moyenne pendant
70 jours... »
Comme si le manque de neige ne suffisait pas à leur malheur, le
mercure a lui aussi joué les trouble-fête : alors que l'implantation
de canons à neige a permis jusqu'ici aux stations les mieux équipées
de contrecarrer les humeurs du ciel, les températures bien trop
clémentes de cet hiver ont souvent empêché une utilisation
optimale de ces installations. Une situation qu'illustre le bilan de la
station du lac Blanc, au-dessus du Bonhomme, où malgré 70
engins, seulement 25 000 forfaits ont été écoulés
cet hiver, contre 125 000 au cours des quatre mois blancs de la saison
2005-2006.
« Mais sans la neige de culture, nous allions vraiment à
la catastrophe », tempèrent les exploitants du Markstein,
rejoints par ceux du Schnepfenried, où un seul de ces équipements
a fait tourner une piste verte pendant 15 jours supplémentaires.
« Cette saison a aussi été épuisante »,
soupire Michel Miclo, « car nos 30 jours d'ouverture étaient
étalés sur tout l'hiver... ». Conséquence :
« Nous avons dû recommencer à chaque fois le travail
de préparation des pistes et des téléskis... ».
Avec des températures de 10 ou 15° en février, on pense
à autre chose qu'au ski
« Nous avons passé une bonne partie de la saison à
pelleter de la neige pour boucher les trous... », résume
Yannick Bull, 30 ans, chef de la sécurité au Markstein.
Pisteur-secouriste depuis une dizaine d'années, il ne cache pas
que « pour les saisonniers, ce n'était vraiment pas une année
facile, d'autant que certains étaient payés à l'heure
et d'autres embauchés en CDD ». Comme la plupart de ses collègues,
Yannick, de Metzeral, est pluriactif : accompagnateur en montagne, il
a également monté une entreprise de formation pour les sauveteurs-secouristes
du travail. « Beaucoup de nos 15 saisonniers ont eu la chance de
pouvoir exercer leur second métier, notamment dans le bâtiment
», souffle Michel Miclo, au Schnepfenried, alors qu'au Markstein,
une vingtaine de salariés ont été mis au chômage
partiel en janvier.
Les magasins de sports d'hiver, enfin, n'ont pas été épargnés
: à la Godille, à Munster, Fernand Bally admet que «
pour les locations journalières, c'était vraiment la galère,
avec une baisse entre 40 et 50% ». Pour le matériel neuf,
il jauge la chute à 30%. Chez Techni-ski, à Mittelhausbergen,
Claude Kuntzmann parle d'une baisse de 35% des locations - « il
nous restait les clients qui partaient dans les Alpes » -, mais
regrette surtout qu'en raison du temps, « l'esprit du ski était
absent : quand il fait 10 ou 15 degrés en février, on pense
à autre chose... »
Jean-Marc
Thiébaut

Télésiège pour VTT
Dès le mois de juin, la station du lac Blanc, au-dessus du Bonhomme,
ouvrira de nouvelles pistes... de VTT. Tracés à travers
la forêt et d'une longueur de 2 km, ces parcours balisés
(bleu, vert, rouge, noir) seront desservis par le nouveau télésiège
de la station, sur lequel pourront être embarquées les bicyclettes.
Une location de matériel (vélos, casques, protections dorsales)
fonctionnera au bas des pistes dont les aménagements ont commencé
ces dernières semaines. Elles seront notamment dotées de
bosses et de divers tremplins.
© Dernières Nouvelles D'alsace, Mardi 13 Mars 2007. - Tous
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