Alsace 7.1.2007


Neige Le Markstein croit en sa bonne étoile
Nouveaux éclairages et bientôt nouvelles remontées, la station ouvre la saison tardivement, mais avec plein d’ambitions.
La neige est arrivée en début de semaine, avant de repartir presque aussitôt puisque les responsables du Markstein ont dû se résoudre, hier, à refermer les pistes, faute d’un enneigement suffisant. « L’année dernière, à cette époque-ci, ça faisait déjà un mois et demi qu’on travaillait », se souvient Thierry Grünenwald, dameur des pistes de ski de fond. Cet enneigement, bien que tardif et précaire, marque le coup d’envoi d’une saison pleine de nouveautés. À commencer par les nouveaux éclairages mis en place pour les sessions nocturnes. « Au moins, maintenant, on voit où on tombe ! », commente Florian. Cet adolescent aime surtout faire des figures et visiblement, le stade de slalom de la station n’est pas assez « violent » pour lui et ses copains. « Ils devraient agrandir le parc et faire plus de bosses. Pour l’instant, on les fabrique nous-même en grattant la neige avec nos skis », ajoute-t-il.
Quoi qu’en disent les casse-cou, le stade et la Fédérale seront donc illuminés les mardis et vendredis — et les samedis pendant les congés scolaires — avec de nouveaux spots plus performants. Autre projet à court terme : l’installation de deux nouveaux téléskis. Mais la plus grosse échéance est attendue pour 2008, avec la mise en place d’un télésiège. Ces nouveautés s’accompagneront de deux nouvelles pistes et d’un réaménagement des parkings.
Tout à cette fièvre modernisatrice, les responsables de la station accueillent avec plaisir un nouveau snack, le « Bar-Bar », qui proposera de la petite restauration. Une concurrence pour le restaurant Speck dont s’occupe Stéphane Mouheb, mais le commerçant ne semble pas plus inquiet que cela : « C’est bien que la station bouge… Il faut investir ! Les gens aiment venir au Markstein parce que c’est une station qui a un côté familial et en plus, ce n’est pas trop cher ! »
Pour Jean-Claude Bini, le directeur de la station, cet aspect économique est important, dans un contexte morose pour l’économie locale. « Ce qui arrive à Schlumberger, par exemple, est catastrophique… Il faut réagir ! »
Loueurs, restaurateurs, vendeurs… pour le moment, 70 personnes sont concernées de près ou de loin par les activités de la station, dont 24 personnes qui travaillent uniquement pour gérer les pistes et les remontées. La plupart sont des employés saisonniers, qui travaillent à la station quatre mois par an, mais il y a aussi cinq salariés permanents, dont Marie-Laure et Franco Emiro, qui travaillent tous les deux à la maison d’accueil du Markstein. Ils comptent beaucoup sur ces projets de modernisation pour redynamiser la région. « Parfois, quand on lit le journal et quand on voit toutes ces boîtes qui ferment, c’est effrayant… Alors ça ne peut faire que du bien à la région ! »
Sur les pistes aussi, l’espoir est grand. Thomas Keller dirige l’école de ski du Markstein : « On compte beaucoup sur la restructuration pour faire venir du monde. Le nouveau télésiège en 2008 va permettre d’accueillir plus de classes de neige et aussi plus de groupes. » L’an dernier, 70 000 personnes ont fréquenté le Markstein avec des pointes, certains dimanches, à 2 000 skieurs alpins et 200 skieurs de fond. Avec les projets en cours, la saison à venir devrait tenir ses promesses. Si la neige est au rendez-vous.


Y ALLER

Des navettes circulent entre Moosch et le Markstein. Horaires et tarifs dans notre édition du vendredi 5 janvier.
Accès Bien s’équiper
Il est toujours tentant d’aller skier au Markstein, et il est parfois difficile de s’y rendre depuis Guebwiller. Jeudi soir, la chaussée était verglacée plus d’un kilomètre avant le sommet. « Dans de telles conditions, les pneus neige ne suffisent pas : il faut les chaînes », affirme Christophe Odermatt, responsable d’exploitation du secteur de Guebwiller à l’unité routière, le service du Conseil général qui gère désormais l’entretien des routes en lieu et place de l’Équipement. Quand les conditions sont un peu plus clémentes, on peut avoir la mention « pneus neige admis ».
Les panneaux de signalisation sont en place et sont ouverts en fonction de la météo et de l’état de la route. « Les gens doivent absolument respecter cette signalétique et, surtout, avoir l’intelligence et la sagesse de s’arrêter à temps », souligne Christophe Odermatt. Même si traditionnellement les conducteurs n’aiment pas chaîner, c’est une question de sécurité que de s’équiper. Mais attention, pas n’importe comment. Il faut en effet s’arrêter sur des aires de chaînage, sachant qu’il y en a quatre tout au long de la montée, les plus importantes se trouvant à Deauvillers et près du lac de la Lauch. « Personne ne doit chaîner au milieu de la route ou dans les virages : non seulement ça bloque la circulation, mais on ne peut plus passer avec nos véhicules pour dégager le reste de la chaussée », explique le chargé d’exploitation.
Au-delà de la sécurité, gare à celui qui ne respecterait pas ces consignes, il pourrait être verbalisé : 90 pour l’absence d’équipements spéciaux, autant pour l’entrave à la circulation.
Comme il n’est pas possible de saler dans le secteur — sauf dans des cas très exceptionnels et sur des zones très localisées — l’unité routière dispose de plusieurs engins. Il y a la lame quand la couche n’est pas trop épaisse, l’étrave si l’épaisseur de neige dépasse les 10 cm et la fraise quand trop de neige s’est accumulée sur les bas côtés.
Enfin, la route d’accès au Markstein n’est de loin pas une route prioritaire. Les interventions n’ont donc pas lieu 24 heures sur 24. Le matin, les véhicules entrent en action entre 5 h et 6 h et les rondes peuvent se poursuivre jusqu’à 17 h, voire 18 h. « Plus tard, ça ne sert plus à rien d’intervenir, surtout s’il neige », souligne Christophe Odermatt. Les skieurs adeptes des nocturnes sont donc prévenus.Ski de fond: pistes tracées


André Grob, le président et entraîneur du ski club Ranspach, qui gère le domaine nordique au Markstein, a quelques soucis avec la météo, trop clémente pour que la neige tienne. « On a ouvert la piste qui va vers le Grand Ballon ainsi que la piste verte, ce qui nous fait à peu près 20 kilomètres de tracés. En revanche, le parc nordique est fermé jusqu’à dimanche inclus : ce jour-là, nous avons une compétition et nous sommes déjà en train d’apporter de la neige» , indiquait-il jeudi.
Le syndicat mixte avait évoqué la mise en place d’un stand pour s’essayer au biathlon, à la suite d’une demande du ski club. Toutefois, les deux parties ne se sont pas encore mises d’accord pour savoir qui va acheter les cibles. « On ne peut pas, on est seulement un club » , s’excuse presque André Grob qui aimerait également pouvoir mettre à disposition des skis pour fondeurs confirmés. « Mais nous ne disposons pas de bâtiment en dur, nous avons seulement un baraquement au départ des pistes » , déplore André Grob depuis quelques années. Pour l’heure, une réflexion est en cours au syndicat mixte. Donc, cette année, l’offre restera identique à ce qu’elle était les hivers derniers.
La station est fin prête pour accueillir les skieurs, et croise les doigts pour que le froid persiste.

 

Photo Dom Poirier


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