Neige Le Markstein croit en sa bonne étoile
Nouveaux éclairages et bientôt nouvelles remontées,
la station ouvre la saison tardivement, mais avec plein d’ambitions.
La neige est arrivée en début de semaine, avant de repartir
presque aussitôt puisque les responsables du Markstein ont dû
se résoudre, hier, à refermer les pistes, faute d’un
enneigement suffisant. « L’année dernière, à
cette époque-ci, ça faisait déjà un mois et
demi qu’on travaillait », se souvient Thierry Grünenwald,
dameur des pistes de ski de fond. Cet enneigement, bien que tardif et
précaire, marque le coup d’envoi d’une saison pleine
de nouveautés. À commencer par les nouveaux éclairages
mis en place pour les sessions nocturnes. « Au moins, maintenant,
on voit où on tombe ! », commente Florian. Cet adolescent
aime surtout faire des figures et visiblement, le stade de slalom de la
station n’est pas assez « violent » pour lui et ses
copains. « Ils devraient agrandir le parc et faire plus de bosses.
Pour l’instant, on les fabrique nous-même en grattant la neige
avec nos skis », ajoute-t-il.
Quoi qu’en disent les casse-cou, le stade et la Fédérale
seront donc illuminés les mardis et vendredis — et les samedis
pendant les congés scolaires — avec de nouveaux spots plus
performants. Autre projet à court terme : l’installation
de deux nouveaux téléskis. Mais la plus grosse échéance
est attendue pour 2008, avec la mise en place d’un télésiège.
Ces nouveautés s’accompagneront de deux nouvelles pistes
et d’un réaménagement des parkings.
Tout à cette fièvre modernisatrice, les responsables de
la station accueillent avec plaisir un nouveau snack, le « Bar-Bar
», qui proposera de la petite restauration. Une concurrence pour
le restaurant Speck dont s’occupe Stéphane Mouheb, mais le
commerçant ne semble pas plus inquiet que cela : « C’est
bien que la station bouge… Il faut investir ! Les gens aiment venir
au Markstein parce que c’est une station qui a un côté
familial et en plus, ce n’est pas trop cher ! »
Pour Jean-Claude Bini, le directeur de la station, cet aspect économique
est important, dans un contexte morose pour l’économie locale.
« Ce qui arrive à Schlumberger, par exemple, est catastrophique…
Il faut réagir ! »
Loueurs, restaurateurs, vendeurs… pour le moment, 70 personnes sont
concernées de près ou de loin par les activités de
la station, dont 24 personnes qui travaillent uniquement pour gérer
les pistes et les remontées. La plupart sont des employés
saisonniers, qui travaillent à la station quatre mois par an, mais
il y a aussi cinq salariés permanents, dont Marie-Laure et Franco
Emiro, qui travaillent tous les deux à la maison d’accueil
du Markstein. Ils comptent beaucoup sur ces projets de modernisation pour
redynamiser la région. « Parfois, quand on lit le journal
et quand on voit toutes ces boîtes qui ferment, c’est effrayant…
Alors ça ne peut faire que du bien à la région !
»
Sur les pistes aussi, l’espoir est grand. Thomas Keller dirige l’école
de ski du Markstein : « On compte beaucoup sur la restructuration
pour faire venir du monde. Le nouveau télésiège en
2008 va permettre d’accueillir plus de classes de neige et aussi
plus de groupes. » L’an dernier, 70 000 personnes ont fréquenté
le Markstein avec des pointes, certains dimanches, à 2 000 skieurs
alpins et 200 skieurs de fond. Avec les projets en cours, la saison à
venir devrait tenir ses promesses. Si la neige est au rendez-vous.

Y ALLER
Des
navettes circulent entre Moosch et le Markstein. Horaires et tarifs dans
notre édition du vendredi 5 janvier.
Accès Bien s’équiper
Il est toujours tentant d’aller skier au Markstein, et il est parfois
difficile de s’y rendre depuis Guebwiller. Jeudi soir, la chaussée
était verglacée plus d’un kilomètre avant le
sommet. « Dans de telles conditions, les pneus neige ne suffisent
pas : il faut les chaînes », affirme Christophe Odermatt,
responsable d’exploitation du secteur de Guebwiller à l’unité
routière, le service du Conseil général qui gère
désormais l’entretien des routes en lieu et place de l’Équipement.
Quand les conditions sont un peu plus clémentes, on peut avoir
la mention « pneus neige admis ».
Les panneaux de signalisation sont en place et sont ouverts en fonction
de la météo et de l’état de la route. «
Les gens doivent absolument respecter cette signalétique et, surtout,
avoir l’intelligence et la sagesse de s’arrêter à
temps », souligne Christophe Odermatt. Même si traditionnellement
les conducteurs n’aiment pas chaîner, c’est une question
de sécurité que de s’équiper. Mais attention,
pas n’importe comment. Il faut en effet s’arrêter sur
des aires de chaînage, sachant qu’il y en a quatre tout au
long de la montée, les plus importantes se trouvant à Deauvillers
et près du lac de la Lauch. « Personne ne doit chaîner
au milieu de la route ou dans les virages : non seulement ça bloque
la circulation, mais on ne peut plus passer avec nos véhicules
pour dégager le reste de la chaussée », explique le
chargé d’exploitation.
Au-delà de la sécurité, gare à celui qui ne
respecterait pas ces consignes, il pourrait être verbalisé
: 90 pour l’absence d’équipements spéciaux,
autant pour l’entrave à la circulation.
Comme il n’est pas possible de saler dans le secteur — sauf
dans des cas très exceptionnels et sur des zones très localisées
— l’unité routière dispose de plusieurs engins.
Il y a la lame quand la couche n’est pas trop épaisse, l’étrave
si l’épaisseur de neige dépasse les 10 cm et la fraise
quand trop de neige s’est accumulée sur les bas côtés.
Enfin, la route d’accès au Markstein n’est de loin
pas une route prioritaire. Les interventions n’ont donc pas lieu
24 heures sur 24. Le matin, les véhicules entrent en action entre
5 h et 6 h et les rondes peuvent se poursuivre jusqu’à 17
h, voire 18 h. « Plus tard, ça ne sert plus à rien
d’intervenir, surtout s’il neige », souligne Christophe
Odermatt. Les skieurs adeptes des nocturnes sont donc prévenus.Ski
de fond: pistes tracées

André Grob, le président et entraîneur du ski club
Ranspach, qui gère le domaine nordique au Markstein, a quelques
soucis avec la météo, trop clémente pour que la neige
tienne. « On a ouvert la piste qui va vers le Grand Ballon ainsi
que la piste verte, ce qui nous fait à peu près 20 kilomètres
de tracés. En revanche, le parc nordique est fermé jusqu’à
dimanche inclus : ce jour-là, nous avons une compétition
et nous sommes déjà en train d’apporter de la neige»
, indiquait-il jeudi.
Le syndicat mixte avait évoqué la mise en place d’un
stand pour s’essayer au biathlon, à la suite d’une
demande du ski club. Toutefois, les deux parties ne se sont pas encore
mises d’accord pour savoir qui va acheter les cibles. « On
ne peut pas, on est seulement un club » , s’excuse presque
André Grob qui aimerait également pouvoir mettre à
disposition des skis pour fondeurs confirmés. « Mais nous
ne disposons pas de bâtiment en dur, nous avons seulement un baraquement
au départ des pistes » , déplore André Grob
depuis quelques années. Pour l’heure, une réflexion
est en cours au syndicat mixte. Donc, cette année, l’offre
restera identique à ce qu’elle était les hivers derniers.
La station est fin prête pour accueillir les skieurs, et croise
les doigts pour que le froid persiste.
Photo Dom Poirier |